Estagel/ Gilets jaunes : acte XIII, la convergence

Un barrage filtrant dans la bonne humeur


Décidément, les Gilets jaunes pensent à tout, même à la symbolique. En effet, avoir choisi Estagel comme le lieu de rassemblement de l’acte XIII, il fallait tout simplement y penser. XIII, comme rugby à XIII, car Estagel à été un haut lieu de ce sport dans le département. Cela, ne pouvait être que de bonne augure pour cette journée de convergence.

Ainsi, dés les 9 h en ce samedi matin, les Gilets jaunes, des adhérents du syndicat Sud-Solidaires, se considérant d’abord comme des Gilets jaunes, de la CGT avec leurs gilets rouges, devaient-ils converger vers le lieu de rassemblement au rond-point à l’entrée du village en venant de Perpignan. Les vignerons pour leur part, devaient rejoindre le lieu de rassemblement sur leurs tracteurs.

Les vignerons sont bien là !

La convergence en ligne de fond.

Les vignerons, dés le vendredi 22 novembre, avaient su donner le ton. En effet, dés le début du mouvement, ils ont organisé un barrage filtrant, se montrant ainsi convaincus de la nécessité impérieuse de cette convergence de lutte. Ils venaient ainsi de rejoindre le mouvement. Ils n’avaient pas eu besoin pour cela, d’attendre un quelconque appel d’une quelconque organisation, ni politique, ni syndicale. Une fois de plus, les vignerons du village, de la vallée de l’Agly, fidèles en cela au passé de leurs aînés, ont su se comporter comme des citoyens responsables, mener les actes en concordance et rallier ainsi dans cette juste entreprise, toute une partie de la population. Quoi de plus normal, dans cette vallée de l’Agly, ou la seule économie est celle de la vigne et du vin.

L’acte XIII, un pas de plus 

Cette journée de l’acte XIII, avait pourtant une odeur, un parfum d’autre chose. Un parfum de fraternité entre celles et ceux qui souffrent de la politique du président Macron et de son gouvernement. Un parfum de changement véritable, rendu possible aujourd’hui par la détermination des intervenants, par cette convergence devenue une réalité, même si les tâtonnements sont encore de mise.

Les syndicats CGT et Sud-Solidaires présents sur le rond-point

Il reste pour l’essentiel, à apprendre à réfléchir, à travailler, à construire ensemble. C’est un des enjeux de cette journée du 9 février 2019 qui fera date. Pour notre part, nous en sommes persuadés, alors que 64 % de la population soutien l’action des Gilets jaunes.

La convergence dans la convivialité sans oublier les exigences essentielles.

Si le mardi 5 février, jour de grève nationale, les Gilets jaunes ont rejoint les syndicats dans le département, en ce 9 février, ce sont les syndicats qui sont venus rejoindre les Gilets jaunes. En cette belle journée d’hiver, comme notre pays catalan est capable d’en produire, l’esprit était à la convergence dans le respect de chacun. Convergence pour construire un monde nouveau.

Des « miss » au top des revendications

C’est dire que les revendications essentielles étaient dans toutes les têtes. Celle du pouvoir d’achat pour tous ; actifs, retraités. Mais aussi les vignerons, venus exprimer leurs exigences pour un revenu leur permettant de vivre décemment du fruit de leur travail, alors que 40 % des agriculteurs n’ont que 350 euros de revenus par mois. Qu’une fois à la retraite, ils ont des pensions de misère. Le mot est en dessous de la réalité. Que tous les deux jours, un agriculteur se suicide.
Mais aussi, sur toutes les lèvres, dans tous les cœurs devrions-nous dire, la forte exigence d’une démocratie au service des gens, du peuple et non au service d’une caste.

Convergence et déplacement des actions vers d’autres lieux.

De cette façon de penser, il semble bien qu’une des orientations donnée par le mouvement, soit d’apparaître pour ce qu’il est : humain, fraternel, aimant la vie, voulant vivre cette dernière pleinement et non au rabais comme les gouvernants le proposent.
C’est ainsi, que les Gilets jaunes s’orienteraient vers des actions trouvant leur prolongement à l’intérieur des terres, dans les villages ruraux.

La grillade est sur la bonne voie

Ils ne délaisseraient pas pour autant, l’occupation des ronds-points et le blocage de certains centres économiques. Cette orientation serait donnée, pour mieux aller à la rencontre des citoyens, prendre ainsi mieux en compte leurs exigences, grandes ou petites. Pour mieux convaincre de la nécessité de ne rien lâcher, de continuer unis, pour obtenir ensemble, les changements profonds, dont notre société, notre pays ont bien besoin.
Un outil est en train de naître pour donner au mouvement les moyens à la hauteur de ses ambitions au service du peuple : une coordination de toutes les assemblées générales du département mise en place avec un fonctionnement horizontal.

La convivialité recherchée

Cette convivialité tant recherchée, car elle est un signe de bonne santé morale, devait se traduire par une grillade offerte par les Gilets jaunes et préparée par des mains expertes en la matière : celles de nos amis vignerons.

L’heure de se restaurer approche

L’action devait se terminer par un circuit dans le village, devant mener sur le parvis de la mairie. Les mairies, ne sont-elles pas, le premier étage politique de la vie de notre pays ?

Une photo de famille sur le parvis de la mairie

Nous étions loin en cette journée du samedi 9 février, de tous les sempiternels conciliabules pas toujours de bon ton, surtout vécus lors des campagnes politiques. Nous étions loin des jérémiades de ceux qui trouvent toujours des poils sur les œufs. Est-ce pour autant que tout était parfait ? Certainement pas ! Beaucoup de travail reste à faire.

Joseph Jourda

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