Une autonomie énergétique pour les Pyrénées-Orientales

Photo : Akuo Investment
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La production d’énergie augmente fortement en Roussillon, au travers de réalisations publiques et privées, notamment la centrale solaire du Marché International Saint-Charles de Perpignan, la plus importante d’Europe aménagée sur des toitures. Des sites photovoltaïques fonctionnent ou s’annoncent dans les communes d’Ortaffa, Torreilles, Le Boulou et Saint-Hippolyte, le groupe Auchan est énergétiquement autosuffisant à Perpignan, les serres photovoltaïques avancent et les microcentrales hydroélectriques tournent. Avant la fin de la décennie, la production globale des Pyrénées-Orientales, incluant les fermes éoliennes de Rivesaltes et Opoul-Périllos, ainsi que l’Ecoparc de 35 éoliennes développé par l’Agglomération Perpignan Méditerranée, approchera le volume considérable de 200 mégawatts. D’autres projets favoriseront la relance économique et parfois la requalification de friches agricoles.

Cette véritable force énergétique constituera à moyenne échéance un atout environnemental majeur, en accord avec le développement durable. Sur un schéma différent des productions méga-industrielles américaines ou japonaises, le Pays Catalan atteindra une masse critique notable, par addition de sites de moyenne importance, fournissant près d’un tiers de sa consommation. Ce succès garanti naîtra cependant de l’empirisme, faute de stratégie territoriale, car seules prévalent les politiques nationales et européennes, dont dépend l’attractivité du prix des énergies douces.

En accord avec son plan énergétique, la Catalogne du Sud s’impose l’installation de panneaux photovoltaïques sur tous ses nouveaux bâtiments publics, et, depuis 2006, une production solaire est obligatoire pour 60 % de l’eau chaude sanitaire domestique dans la région métropolitaine de Barcelone. En 2013, la Corse envisage l’incorporation de panneaux solaires pour la production d’eau chaude et d’électricité sur toute nouvelle construction, selon un appel signé le 25 octobre sous l’impulsion de la députée européenne Corinne Lepage. L’île pourrait ainsi devenir la première région autonome française en matière d’énergie, avec pour corollaire la dynamisation de l’économie locale. Ces exemples suggèrent la prise en compte exhaustive de la réalité des Pyrénées-Orientales, sous couvert d’une gouvernance départementale, pour une stratégie énergétique ordonnée, réunissant décideurs économiques et politiques et créant l’image d’un territoire aux ressources énergétiques abondantes et inépuisables.

Cette démarche ambitieuse fonderait un modèle territorial associant la filière bois-énergie et anticipant sur les technologies en devenir, notamment le solaire thermodynamique. Une optique d’éco-citoyenneté et d’efficacité énergétique soutiendrait l’autoconsommation des foyers, l’incitation à la modération, la construction éco-responsable et l’isolation des logements. Parallèlement, la centrale Thémis et l’histoire pionnière de la commune de Sorède, abritant dès 1900 le premier dispositif solaire du monde, fourniraient un volet culturel, éducatif et touristique, tandis que l’épine de la Ligne à Très Haute Tension (THT) franco-espagnole serait ôtée en valorisant l’exception de cette réalisation souterraine, la plus longue du monde. Dans une prise de conscience des actifs en présence, cette mise en perspective donnerait sa chance à un Pays Catalan sans crédibilité économique et illisible dans un monde ouvert. Le territoire inventerait sa nouvelle aura et défendrait une image valorisante à l’échelle internationale, avec l’expertise du puissant groupement d’entreprises spécialisées DERBI.

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