Scènes de guerre au Boulou

Scènes de guerre au Boulou Pyrénées-Orientales gilets jaunes

Scène de guerre au Boulou, la manifestation des gilets jaunes dégénère. C’est un acte 21 qui restera dans les mémoires par la violence de part et d’autre d’une ligne jaune qu’est le péage international du Boulou. C’est alors que les gendarmes mobiles sanctuarisaient tout le secteur du péage tôt le matin, avec notamment la présence de deux blindés à roues, que les gilets jaunes commençaient à se rassembler de leur côté au niveau d’une boulangerie. À l’appel national lancé sur les réseaux sociaux, les autorités sur place redoutaient la présence d’éléments durs du type black bloc venant de grandes villes et leur crainte furent respectées bien que le nombre de manifestants ne fût aussi important qu’attendu… 

Le cortège prit la direction de la ville pour un défilé tout en chant comme à l’accoutumée. C’est une fois à la sortie du Boulou qu’ils ont bifurqué vers l’autoroute, profitant d’un passage non surveillé par les forces de l’ordre et la première invasion pouvait avoir lieu. Celle-ci fit l’objet de tensions avec les gendarmes alors que les policiers présents n’avaient rien pu faire pour empêcher les gilets jaunes de monter sur la barrière de péage, plus d’une centaine à ce moment. Gazage en règle et charge eurent lieu pour repousser les manifestants au prix de quelques blessés et de deux interpellés pour fait de violence. 

La manifestation repartira à ce moment-là par le chemin inverse et ira investir le rond-point précédent celui de l’autoroute. Selon eux, l’arrêté d’interdiction de manifester pris par le préfet Chopin n’allant pas jusqu’à celui-ci. C’est de ce rond-point que vont partir de nombreux actes de violence en une escalade inéluctable entre forces de l’ordre et gilets jaunes. Les manifestants font face à deux cordons de gendarmes mobiles sur deux sorties et ils les prendront à partie à tour de rôle. Une première tentative de passage en force échouera sur le cordon déployé sur le pont et ce sera le point de départ des caillassages, le rond-point les alimentant en munitions illimitées. Dès lors, les gilets jaunes (dont beaucoup maintenant n’arbore plus le symbolique gilet) garderont ce rond-point sous contrôle.

C’est par un mouvement tournant que les manifestants prendront à nouveau l’autoroute dans le dos des forces de l’ordre, les obligeant à se redéployer avant qu’à nouveau ils soient repoussés de l’autoroute et qu’ils rejoignent le même rond-point tel Fort-Alamo contre l’armée du gouvernement. Et c’est un concert de tirs, de grenades lacrymogènes auxquelles répondra pierre sur pierre qui va durer de longues heures. Les manifestants useront de poubelles de grandes capacité et de panneaux de signalisation comme boucliers. L’arrivée des blindés suit une intensification de tirs de grenades lacrymo pour disperser les assaillants en saturant l’air en gaz à de nombreuses reprises. Par moments, on n’y verra pas à plus de 1m de distance.

Mais c’est l’usage de tirs de plus en plus tendus des grenades que viendra le danger. Quelques gilets jaunes en feront les frais tout comme des tirs de LBD qui resteront assez limités malgré tout. À ce chapitre, on notera la blessure d’un homme de 77 ans par un tir de LBD à l’aine et qui sera prise en charge par les streets medics et les pompiers par la suite. Eux-mêmes seront pris vers la fin de la manifestation dans un déluge de gaz alors qu’ils intervenaient sur un blessé sur le rond-point. Deux petites filles seront aussi incommodées à la descente de leur bus par des émanations de gaz lacrymogène et partiront choquées de la zone avec leur parent. 

Les Street Medics ont été longuement salués et applaudis pour leurs actions de secours. Ces hommes et femmes, pour certains d’entre-eux, secouristes où professionnels de santé ou simples volontaires font un travail admirable de courage et d’abnégation manif après manif. Ils auront été renforcés par quelques medics d’autres départements. .

C’est vers 18h que la dispersion de la manifestation se dispersera d’elle-même, laissant une véritable scène de guérilla urbaine comme stigmate de cette journée. Un premier bilan fait état de 16 blessés chez les manifestants (source manifestant), 1 blessé parmi les forces de l’ordre et 2 interpellés placés en garde à vue. Ce bilan pourrait être amené à évoluer. On pourra noter aussi l’utilisation de drone par les gendarmes et de moyens audiovisuels de plus en plus usités. Enfin, il sera impossible de chiffrer le nombre de grenades à main, tiré par les lanceurs Cougars ou par les blindés mais il est certain que c’est plus de 500 munitions qui ont été tirées cet après-midi là. 

Laurent Sas

6 Commentaires

  1. vraiment triste de voir tout ca, des francais s affrontaient entre eux avec violence à cause d un chef de l Etat , immature certes et incompétent par excellence , jamais vu un comportement aussi irresponsable de la part d un chef de l exécutif depuis plusieurs décennies

  2. Et toute cette violence pour que les manifestants ne puissent accéder au péage afin de faire une opération de gratuité et de ralentissement. Mais pourquoi l’état défend systématiquement les intérêts de grands groupes privés ? Rappelons que les péages avaient été mis en place pour financer la construction d’autoroutes et devaient ensuite devenir gratuits. C’est comme pour la CRDS, ceux sont des taxes provisoires qui rapportent tellement qu’elles deviennent définitives tellement c’est lucratif. Les bénéfices pourraient servir à de l’aide sociale, à l’écologie, ou autres actions. Mais non, le gouvernement choisi de transférer toutes ces activités bénéficiaires au privé pour gaver des actionnaires qui se tournent les pousses et deviennent rentiers. Je vous rappelle qu’en 2017 les Autoroutes ont dégagés 2,7 milliards de « bénéfices ».

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