Pyrénées-Orientales : Des inondations spectaculaires

En marge de la tempête Gloria qui sévissait sur la péninsule ibérique, le département a vu rouge avec un épisode hivernal des plus agités.

Trois jours durant – les 21, 22 et 23 janvier 2020 – un épisode hivernal pluie-inondation et avalanches a traversé le Roussillon, faisant sortir de leur lit plusieurs cours d’eau, parmi lesquels le Tech, la Têt, le Réart, ou encore et surtout le fleuve Agly dont la crue a dépassé la côte d’alerte à 6,99 mètres le mercredi 22 janvier, à 17h.

Ce jour-là, au plus fort de la tempête, Météo France a relevé des quantités d’eau tombées jusqu’à 50 mm en à peine trois heures… et localement, en quarante-huit heures : jusqu’à 315 mm à Arles-sur-Tech, 275 mm à Argelès-sur-Mer, 272 mm à Amélie-les-Bains, 236 mm à Saint-Paul-de-Fenouillet. Comme sa voisine l’Aude, le département des P-O a dû être placé en vigilance « Rouge inondation » : sur l’ensemble de l’épisode (deux jours et demi), les quantités de précipitations ont atteint jusqu’à 380 mm sur une large moitié Est du Roussillon. Le département a même été placé en vigilance « Orange avalanche », un risque observé tous les dix ans en moyenne.

30 routes coupées...
23 000 foyers privés d’électricité

Vigilance « Rouge crue » pour l’Agly, vigilance « Orange crue » pour la Têt et le Tech, vigilance « Jaune crue » pour le Réart : le Roussillon a eu droit à (presque) toutes les couleurs de l’arc-en-ciel.

Toujours dans la journée du 22 janvier, au plus fort de l’épisode donc, la côte d’alerte de l’Agly ayant été atteinte, les maires des six communes directement concernées – Claira, Pia, Torreilles, Saint-Laurent de la Salanque, Le Barcarès et Rivesaltes – ont enclenché, à la demande du préfet Philippe Chopin, l’évacuation dans la bande des trois cents mètres de part et d’autre des digues de plusieurs centaines de riverains et leur mise en sécurité dans des lieux de rassemblement prévus par le Plan Communal de Sauvegarde des localités précédemment citées. Le centre commercial Carrefour Salanca de Claira a dû être évacué et fermer ses portes.

Toujours ce « fameux » jeudi, environ 23 000 foyers (essentiellement en Cerdagne-Capcir) ont été privés d’électricité, une trentaine de routes départementales ont été coupées à la circulation, les voies sur berges de Perpignan inaccessibles, la RN-116 fermée à cause d’éboulements sur les territoires des communes de Canaveille, Fontpédrouse, Villefranche-de-Conflent. Egalement fermés le col du Puymorens, jusqu’à l’ensemble des stations de ski des neiges catalanes qui ont dû mettre la clé sous la porte… et les transports scolaires suspendus le jeudi 23 janvier sur la totalité du département.

La surenchère médiatique pointée du doigt

En vingt-quatre heures de « combat » contre des éléments (sur)naturels, les sapeurs-pompiers du SDIS’66 cumulaient déjà près de 200 interventions pour des opérations diverses.

Parmi les moyens déployés au plus fort de la crise et dès l’activation en préfecture des P-O à Perpignan du Centre opérationnel départemental, on a compté : 310 sapeurs-pompiers dépêchés sur l’événement ; une colonne de renfort interdépartementale (100 sapeurs-pompiers) ; 40 gendarmes, 6 PGHM, 4 de la brigade nautique (et 140 gendarmes en réserve) ; des associations de Sécurité civile mobilisées en soutien des communes impactées par l’évacuation ; 74 agents du Conseil Départemental et 42 engins de déneigement et 28 agents pour les inondations sur les routes ; 37 agents et 14 engins de déneigement de la DIRSO.

Au-delà de la puissance de cet événement climatique, pour le moins houleux, qui fort heureusement n’a fait aucune victime sur le sol roussillonnais, à la fin de cet épisode de nombeuses voix se sont élevées pour dénoncer une surenchère médiatique : pendant ces trois jours tous les médias nationaux et locaux confondus, audiovisuel, presse écrite et réseaux sociaux nous ont servi une (dés)information annonçant une fin du monde proche pour les P-O qui risquaient d’être rayés de la carte par des pluies diluviennes. Insupportable, inconscient, irresponsable !…

Dans le même ordre d’idée : le scandale des petits arrangements sur les SCOT (Schémas de cohérence territoriale), les PLU (Plan Local d’Urbanisme) et les zones commerciales qui n’en finissent pas de s’étendre sont à pointer du doigt, donnant ici le plein débit de leur… irresponsabilité.

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