Perpignan : Quel avenir pour le commerce en centre-ville ?

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La CCI dresse l’état des lieux sur la base d’une étude approfondie qu’elle a diligentée

– « Un centre-ville de Perpignan toujours aussi dynamique et attractif malgré un déclin depuis 2006 dans certains secteurs d’activités (…) ; une clientèle qui dépense autant qu’avant dans les commerces du centre-ville et qui représente un lieu propice à la balade, aux achats liés principalement à l’équipement de la personne (…) ; une priorité commune aux consommateurs et aux commerçants : le stationnement (…) ».

Telles sont les conclusions de l’étude menée, par la Chambre de Commerce et d’Industrie (CCI) de Perpignan et des Pyrénées-Orientales, présentée aux média locaux le 17 février dernier.

Cette étude a concerné les cinq secteurs géographiques clé du centre-ville : Gare, Clemenceau, Hyper Centre, Saint-Jacques, Saint-Mathieu/ Saint-Martin.

Le mode opératoire a été le suivant :

– une étude de terrain durant le mois de juin 2013 qui a permis de recenser au total 1 343 établissements (commerces de détail, cafés, restaurants, hôtels, agences immobilières…)

– l’administration d’un questionnaire auprès d’un échantillon représentatif de 267 commerces répartis selon six secteurs d’activités (alimentaire, équipement de la maison, équipement de la personne, culture/ loisirs, cafés/ restaurants/ points chauds et santé/ beauté).

A l’issue de cette enquête, il ressort, pêle-mêle que : 76% des commerçants sont des indépendants, l’âge moyen est de 47 ans, 86% sont locataires, 74% des commerces ont été créés il y a moins de vingt ans, 26% des commerces sont des commerces liés à l’équipement de la personne, les cafés/ restaurants/ points chauds et l’équipement à la personne représentent 55% des commerces du centre-ville…

Avec 392 points de vente, le secteur géographique de l’Hyper Centre est le quartier le plus commerçant, suivi du quartier Clemenceau (228 commerces) et de Saint-Mathieu/ Saint-Martin (115).

On apprend que Saint-Jacques et la Gare sont les deux quartiers les plus touchés par la fermeture de commerces, avec respectivement 23% et 22% de vacance commerciale… A l’opposé, les deux quartiers les plus achalandés que sont l’Hyper Centre et Clemenceau sont ceux qui ont les taux de vacance les plus faibles (14% chacun).

 Au total, il faut savoir qu’en juin 2013 il y avait 892 commerces de détail et de restauration au centre-ville de Perpignan, employant très exactement 2 806 personnes, générant plus de 327 millions d’euros de chiffre d’affaires annuel sur un plancher commercial évalué à quelque 75 000 mètres carrés, 75 343 m2 plus précisément.

Mais il y a un revers de la médaille qui indique que en 7 ans, date d’une précédente enquête comparable, dans le même secteur géographique, le nombre de commerces a diminué d’environ 20% (soit 159 commerces en moins), entraînant la perte de 10% des emplois. Cette perte est très forte dans l’alimentaire (-30% des emplois totaux du secteur !) ainsi que dans l’équipement de la maison (-31% avec le départ ou la fermeture d’enseignes). Conséquence directe : en 7 ans, les commerces du centre-ville auraient perdu un tiers de leur chiffre d’affaires global. En même temps, le plancher commercial a reculé de 8%.

Concernant maintenant la clientèle qui fréquente le centre-ville : 59% sont des femmes, 50% n’habitent pas à Perpignan, 41% sont âgés entre 25 et 45 ans, 27% sont des employés et 24% sont des retraités.

Bon à savoir à propos de cette clientèle : 87% des personnes interrogées dans le cadre de l’enquête viennent au centre-ville plusieurs fois par mois ; 65% affirment y rester entre 1 heure et 3 heures ; 45% fréquentent les commerces du centre-ville entre 14h et 18h.

Toujours sur la clientèle : 28% font des achats de vêtements (accessoires, lingerie) ; 16% des achats de produits d’hygiène et de santé ; 12% des achats sont liés à la culture et aux loisirs.

Pour les consommateurs, les principaux freins à la fréquentation du centre-ville sont : les difficultés de stationnement (pour 20% d’entre eux), le prix du stationnement (16%), l’offre plus intéressante à la périphérie (11%), la baisse du pouvoir d’achat (11%), le manque de propreté des rues (11%), l’insécurité (10%)…

Côté commerçants, on met plutôt en avant parmi les difficultés citées : le manque de parking (31%), le prix du stationnement (20%), la concurrence des zones commerciales (13%), la baisse du pouvoir d’achat (10%), l’insécurité (5%)…

Cette étude « qui tombe à pic ! » – et non pas à point nommé… – vient surtout nous rappeler que le Commerce en centre-ville est en cette période électorale des « municipales », à Perpignan en tout cas, un véritable enjeu, au même titre et chapitre que l’Insécurité, l’Environnement, l’Habitat et, bien sûr, l’Emploi.

La situation de crise économique dans le centre-ville de Perpignan est désormais telle qu’elle entraîne des tensions palpables au niveau social et, naturellement, politique.

Petit à petit, le nombre spectaculaire, dans certaines rues du centre-ville, des rideaux commerciaux qui sont baissés, des boutiques où les propriétaires et/ou locataires mettent la clé sous la porte, désorganise le quotidien d’une partie de la population, créant de sérieuses anomalies dans le fonctionnement du système urbain.

La situation est devenue critique : « l’affaire » a récemment fait la Une du 13h de TF1 (le journal télévisé le plus regardé en Europe), avec un reportage « à charge » qui a dressé un tableau noir du commerce en centre-ville… Le Front National, pourtant peu enclin traditionnellement à développer des idées sur ce terrain là, a placé le Commerce du centre-ville de Perpignan dans ses priorités (ambitieux projet à l’appui signé Clotilde Font-Gavalda, colistière de Louis Aliot)… Des blogs (à l’instar de celui de L’Olivier, de Bruno Delmas) fleurissent et installent en ligne chartes et commentaires où il est question : du maintien de la Cité judiciaire, de la création de 3 000 places de parking, du gel des autorisations de grandes surfaces, de la création d’une Halle alimentaire sur la place République… Le maire sortant, Jean-Marc Pujol (UMP), a, sur sa liste, Perpignan Pour Tous, fait de la place et jouer des coudes pour y coucher nombre de commerçants (Pierre Barbé, Stéphane Ruel, Jérôme Florido, Christelle Pueyo, Chantal Gombert, Michèle Fabre…), au grand dam de personnalités locales qui n’ont pas vu venir le problème, et qui en ont fait les frais (éjectées !)… Etc.-etc. « De la poudre de Perlimpinpin », assurent les uns. « Du courage », pronostiquent les autres. « Du réalisme », profèrent d’autres.

Le centre-ville est véritablement sur toutes les lèvres et dans toutes les conversations du Café du Commerce. Et tous les jours, ou presque, dans les pages du quotidien local (le vrai, l’historique !).

Le vendredi 21 février encore, et encore, avec le compte-rendu d’une manifestation, qui s’était déroulée la veille, et qui avait mobilisé une centaine de commerçants « pour dénoncer la morosité ambiante… » du centre-ville. Toujours là ! Ces commerçants avaient improvisé un sit-in, place République, dans le coeur historique de Perpignan-la-Fidélissime, pour dénoncer : « On n’enterra le centre-ville qu’une fois qu’il sera mort. En attendant, gardons le sourire et soyons dy-na-mi-ques ! »…

Au fait, où sont passés les « bobos » ? Ceux qui devaient (ré)animer le coeur de ville en le peuplant de bonnes intentions. Seraient-ils partis dans une autre réserve, à Sigean, faire l’autruche…

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