Perpignan/ L’eau, un enjeu de société ? : la manifestation du 24 janvier à Perpignan avec beaucoup de monde

Le nombre de manifestants prouve que le syndicalisme agricole n'est pas mort.

Organisée par la FDSEA, les J.A (jeunes agriculteurs) et le Syndicat des Vignerons, l’ensemble des acteurs économiques locaux, depuis les Neiges Catalanes en passant par le secteur du bâtiment, l’artisanat, les trois chambres consulaires, le MEDEF, la Fédération des chasseurs et les maires du département, ont été conviés à se joindre à la manifestation de mardi pour défendre la ruralité au-delà des seules problématiques agricoles.

Dans l’air planait un sentiment de grand moment vécu par le monde rural regroupé autour d’une épitaphe : « Eau secours, la ruralité sacrifiée ». Dans les groupes qui se formaient dès 9 h au Parc des Expositions, montait la même appréhension qui résonnait comme un clairon appelant à la mobilisation, mais aussi à la fin de la récréation : « Allons nous enfin voir le problème de l’eau pris en compte efficacement ! ». Voilà la question qui était sur toutes les lèvres en ce début de journée.

Les responsables de la manifestation s’adressant à la foule. De gauche à droite, David Drilles, président du syndicat des Vignerons, fabienne Bonet, présidente de la Chambre d’Agriculture, Bruno Vila, président de la FDSEA, Pierre Hilary, président des J.A


L’eau un enjeu de société ?

C’est bien ce qui ressort à l’énumération des pertes d’emploi dans les divers secteurs économiques concernés, si cette situation devait perdurer. Ceci d’autant, après la décision du juge du Tribunal administratif, remettant en cause les arrêtés pris par les précédents préfets. C’est cette décision qui est à l’origine de la marche d’un bon millier de manifestants dans les artères de Perpignan.

Les tracteurs stationnés aux abords du Parc, attendent le départ

Mais l’eau potable est aussi un enjeu majeur. Sur le ton de la plaisanterie teintée cependant d’inquiétude, un participant devait se demander si demain nous aurions assez d’eau pour nous brosser les dents. C’est pour dire la morosité ambiante qui règne. Cette dernière est en fait partagée par les habitants de notre département depuis la Cerdagne, la vallée de la Têt, du Tech, de l’Agly, avec des citoyens venus d’Estagel, de Saint-Arnac, reconnus parmi les groupes.

Sur le cliché, un groupe de vignerons venus d’Estagel

Les anciens sont également présents

Tous ces lieux ayant envoyé des représentants à la manifestation montrant ainsi un monde rural uni dans la même détermination : des actes pour régler ce problème de l’eau. Même si dans un communiqué, la majorité départementale se dit mobilisée avec l’ensemble des acteurs concernés, ce que devait rappeler madame la présidente du Conseil Départemental dans son intervention, ces derniers attendent en effet des actes. Au risque, s’il en était autrement, de voir se durcir ce mouvement si nous en croyons les dires des responsables agricoles qui, chacun leur tour, ont exprimé cette même volonté : « Vivre de leur travail et continuer de nourrir les populations en étant au plus près de la nature et donc de l’écologie ». Peut-être un appel au monde de l’écologie ? La vraie, et non pas celle dictée par les circonstances politiciennes.

Les écologistes n’ont pas été épargnés
Madame Hermeline Malherbe, présidente du Conseil Départemental.
Le sénateur Jean Sol, présent dans la manifestation

Les élus représentés

C’est Edmond Jorda, président de l’association des Maires et Adjoints qui devait souligner dans son intervention le soutien sans conteste des élus. La présence d’un bon nombre d’entre eux devait mettre en exergue, ceux qui n’ont pas répondu à l’appel.

Tenant la banderole « Eau secours : la ruralité sacrifiée », nous pouvons reconnaître Monsieur Foxonet, maire de Baixas et Laurane Josente, sénatrice suppléante de François Calvet.

Ceux-là même aurait-il peur de prendre des positions courageuses devant l’ampleur du problème ? Nul doute que les présents à la manifestation, vont se rappeler de ces absences lors des prochains scrutins en particulier pour les élus de la Région dont l’absence a été fortement remarquée. Il est à noter aussi, une forte participation de femmes dans la manifestation.

Un groupe de femmes venues de Corbère

C’est donc dans un esprit de lutte, mais aussi de rassemblement le plus large possible, que devait se terminer la matinée devant les portes de la préfecture, avant que les responsables soient reçus par Monsieur le Préfet.

Joseph Jourda