Perpignan : Alduy, c’est fini !

Perpignan : Alduy, c'est fini ! Et maintenant, que vont-ils faire ?

Perpignan : Alduy, c'est fini ! Et maintenant, que vont-ils faire ?

Et maintenant, que vont-ils faire ?

C’est devant les forces vives du département des Pyrénées-Orientales que, le jeudi 30 janvier 2014, en présentant ses vœux, Jean-Paul Alduy (UDI), président de Perpignan Méditerranée Communauté d’Agglomération (l’Agglo PMCA), 1er adjoint de Perpignan, a choisi de faire ses adieux, de tirer sa révérence à presque 72 ans (officiellement il les aura le 7 mai prochain).

A part d’entrer dans un gouvernement, Jean-Paul Alduy aura gravi tous les échelons de la scène politique : conseiller général, maire, parlementaire (sénateur), président d’Intercommunalité…

– « A vous tous qui m’avez fait l’honneur d’être présents ce soir et à qui j’ai voulu réserver la primeur de cette annonce, je veux dire qu’après vingt ans consacrés corps et âme à ma ville, à mon territoire, est venu le temps de la transmission aux nouvelles générations. Je ne donnerai pas ici les dimensions politiques de cette décision ; je le ferai plus tard avec les journalistes locaux qui souhaiteront m’entendre (…) ».

C’est ainsi que ce jeudi-là Jean-Paul Alduy a pris congé, sans pour autant mettre les voiles, même si on le sait passionné de plaisance et de grand large, puisque après son discours l’Encore-patron de l’Agglo a effectivement rencontré les chroniqueurs locaux pour répondre en live à leurs attentes.

Même si ce ne fut pas le temps d’étaler « mes amis, mes amours, mes emmerdes », JPA, comme les journalistes l’ont baptisé dans leurs colonnes dès ses premiers pas en politique locale, a néanmoins répondu à tous et sur tout ce que les rédactions perpignanaises voulaient bien le titiller. Le lendemain, dans les médias « perpignangnanais », on a pu constater que micros et stylos n’avaient pas osé l’atteindre.

Il a fallu se perdre dans les communiqués de presse de ses adversaires et concurrents politiques, pour lire quelques réactions relevant plutôt de la rubrique nécrologique dans leur présentation que de l’hommage… sans parler des goujateries habituelles du sieur Codognès. Anecdotiques.

Dans l’intimité d’un SMS, on a pu mesurer ô combien JPA ne laissait pas indifférent ses convives d’aujourd’hui ou d’hier, via notamment un ancien Préfet des P-O déclarant à un ami qui venait de l’informer du choix de JPA de descendre de la scène politique : « Vous me l’apprenez, cher ami, alors que je viens de voir le film assez réussi de Joss Wheddon adaptant la comédie de Shakespeare « Beaucoup de bruit pour rien ». Il semble que JPA ne renonce pas au ministère de la parole pour autant… L’occasion sera ainsi sans doute donnée de vérifier s’il écoute toujours parler avec des oreilles amoureuses ».

Et vlan !

Mais cela n’est pas du genre à déstabiliser pour autant Jean-Paul Alduy. Durant ces adieux le président de PMCA l’a martelé : il faudra encore compter avec lui, encore et encore. Surtout, naturellement, jusqu’aux prochaines municipales, les 23 et 30 mars 2014.

S’adressant plus particulièrement à ses collègues maires, JPA a rappelé que « c’est peu à peu, semaine après semaine, que nous avons façonné une vraie culture de l’intercommunalité, respectueuse de la diversité des sensibilités politiques (…). Soyez libres de défendre vos convictions. Soyez libres de défendre les projets de votre commune, mais restez unis ! Unis et solidaires pour assurer la cohésion sociale, le développement économique, la protection de l’environnement de notre territoire. Soyez libres mais restez unis ! (…) ».

Une manière de leur tracer le chemin à poursuivre ?

Car lorsque JPA parle de « la transmission aux nouvelles générations », c’est Romain Grau (élu UDI de Perpignan et communautaire PMCA), son dauphin avoué, qu’il désigne pour, en 2020, prendre les commandes de la Ville.

Car lorsque JPA demande à ses collègues élus de l’Intercommunalité de « rester libres et unis », c’est François Calvet (sénateur-maire UMP de Le Soler), qu’il écarte de la route qui conduit à la présidence de l’Agglo… au profit d’un certain Bernard Dupont (maire UMP de Canet-en-Roussillon) qui attend patiemment et sereinement son tour (en embuscade). JPA en voudrait toujours à François Calvet car il estime qu’il lui a fait perdre son fauteuil de sénateur en 2011… Il lui reproche également d’être président du Comité départemental de l’UMP’66, poste incompatible pour assurer une nécessaire neutralité à la tête de l’Agglo PMCA.

A tous, le 30 janvier 2014, il a rappelé : « Je vous le dis avec la passion d’un homme qui a consacré vingt ans de sa vie à sa ville, à son territoire. Ce territoire, je l’ai vécu dans les tripes, le cœur et l’esprit ; j’en connais les souffrances et les précarités, les peurs et les tensions, les exclusions et les fraternités brisées mais j’en connais aussi les beautés, les atouts et les énergies. Aujourd’hui, je descends de l’estrade pour être au milieu de vous, un citoyen de base. Ce n’est pas une « petite mort » pour paraphraser la chanson d’Alain Souchon, encore moins, l’antichambre du royaume des ombres ! Tout simplement place aux jeunes, le temps est venu pour moi de transmettre, avec mes vœux pleins d’espoirs pour chacun et chacune d’entre vous et bon vent à Perpignan Méditerranée ! ».

Que peut bien chuchoter Jean-paul Alduy à l'oreille gauche du maire du Barcarès Alain Ferrand ?
Que peut bien chuchoter Jean-paul Alduy à l’oreille gauche du maire du Barcarès Alain Ferrand ?

Désormais, Jean-Paul Alduy se consacre à la parution d’un nouvel ouvrage politique sur sa vision du territoire (ce n’est pas encore le temps des Mémoires) – préfacé par son ami et ancien ministre Jean-Louis Borloo, ainsi que par un certain Romain Grau – et il garde un oeil averti de cerbère sur la manière dont son successeur à l’Hôtel-de-Ville, Jean-Marc Pujol, envisage de construire et conduire son attelage pour gagner l’étape des prochaines municipales.

On croit savoir, par exemple, que JPA aurait émis quelques conditions à son précieux soutien comme « ne pas voir figurer parmi les colistiers Olivier Amiel, Frédéric Gonano… ». On croit deviner que Jean-Marc Pujol les maintiendra sur sa liste. Qui plus est au rang d’adjoints ! Insupportable, intolérable et inadmissible pour JPA qui n’a pas oublié les cris inouïs contre lui portés par Olivier Amiel et Fred Gonano, en 2008, accrochés aux grilles de la mairie, pendant l’affaire dite « de la fraude à la chaussette », et réclamant la démission de Jean-Paul Alduy à coups de violents slogans.

On croit savoir, autre exemple, que JPA aurait insisté pour une présence plus lisible de l’UDI avec la reconduction dans la future équipe de Jean-Marc Pujol, de Nathalie Beaufils, Romain Grau et Jean-Claude Kaiser, en haut de l’affiche, et l’entrée de pointures comme Chantal Gombert et Fabrice Rallo, notamment. Mais il se murmure que la candidature de l’ex Directeur de cabinet du président de PMCA ne serait pas retenue…

Dans l’entourage de JPA, on ne se cache plus pour affirmer qu’entre les deux hommes « le torchon brûle ». Comme on vous l’écrit.

C’est le lundi 17 février 2014, premier jour pour le dépôt officiel des listes, que Jean-Marc Pujol dévoilera les 55 noms de son équipe. D’ici là, la rumeur publique charrie…

Parmi les sortants, de source officieuse : Jean Rigual, Aminda Quéralt, Maurice Halimi, Jean-Michel Mérieux, Jaume Roure, Jean-Claude Kaiser, Gérard Roger, Marie-Louise Vigué, Eliane Saliès, Georges Amouroux, Raymond Sala, Christine Maudet, Virginie Barre, Marie-Claire Mas…

Parmi les entrants, toujours de source officieuse : Caroline Ferrière-Sirère, Chantal Gombert, Laurent Gauze, Josiane Cabanas, Yves Guizard, Stéphane Ruel…

Parmi les promus, encore de source officieuse : Chantal Bruzi (deviendrait 2ème ou 4ème adjointe), Romain Grau (deviendrait 1er adjoint)…

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