P-O : Ce qu’il faut retenir des élections municipales des 23 et 30 mars 2014

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Fernand Siré (ex maire UMP de Saint-Laurent) et Alain Ferrand (maire UMP de Le Barcarès) : Cris et chuchotements...
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Fernand Siré (ex maire UMP de Saint-Laurent) et Alain Ferrand (maire UMP de Le Barcarès) : Cris et chuchotements…

Les défaites de Michel Moly (à Collioure), Nicolas Garcia (Elne), Louis Puig (Ponteilla) et Fernand Siré (Saint-Laurent)…

Comme à chaque élection, les résultats nous apportent leurs lots de surprises, entre défaites et victoires, mais il faut reconnaître que le scrutin des municipales qui ont eu lieu les 23 & 30 mars derniers aura été marqué par une série de coups de théâtre…

A commencer, dès le 1er tour, le dimanche 23 mars 2014, par la défaite historique de Michel Moly (PS) à Collioure, en place depuis 1989, et qui n’a pas vu venir son adversaire, Jacques Manya, médecin-urgentiste, l’enfant du pays : 1 058 voix pour le nouveau maire (54,25% des suffrages exprimés) et à peine 892 voix (45,74%) pour l’ancien maire… A peine, car en 2008, lors du précédent scrutin, Michel Moly avait rassemblé sur son seul nom 1 167 voix ! Il semblerait que le scrutin de liste, imposé pour la première fois aux électeurs colliourencs, lui a été fatal.

Michel Moly a démissionné du Conseil municipal « pour mieux se consacrer » désormais à ses fonctions de 1er vice-président de l’Assemblée Départementale, au travers de son mandat de conseiller général du canton de la Côte Vermeille, qui regroupe les communes de Collioure, Port-Vendres, Banyuls-sur-Mer et Cerbère.

Prades, Argelès, Le Barcarès…

A Prades-en-Conflent c’est à l’inverse le score-canon du maire sortant, Jean Castex (UMP), qui détonne : 2 122 voix, soit 70,19% des suffrages exprimés, dès le 1er tour, soit 1 499 voix de plus que le candidat socialiste qui le poursuivait. Pour rappel, en 2008, Jean Castex avait gagné la mairie de Prades de seulement 24 voix au détriment du maire sortant Divers Gauche, l’ancien préfet Jean-François Denis : 1 654 voix pour Castex, 1 630 voix pour Denis.

Victoire historique et sans appel donc pour l’ancien Secrétaire général adjoint de l’Elysée, sous la présidence Sarkozy, alors en charge des Affaires sociales.

A l’inverse, à Argelès-sur-Mer, même si le député socialiste Pierre Aylagas, maire sortant, a été réélu également au 1er tour et face à trois listes d’opposants – Brigitte de Capèle, Richard Hanana et Laurent Madern – force est de constater que son électorat s’est effrité considérablement, voire spectaculairement : en 2014, Pierre Aylagas est élu avec 3 740 voix… contre 4 474 voix précédemment (en 2008). En un mandat, le maire d’Argelès-sur-Mer, et alors que la population de sa ville a fortement progressé, aura perdu très exactement 734 électeurs !

Au Barcarès, Alain Ferrand, malgré le boulet de ses interminables « affaires », malgré la présence de 4 listes en face, a été triomphalement réélu avec 2 102 voix. Par comparaison, le 28 août 2011, lors de l’élection municipale partielle – déclenchée à la suite d’une décision de justice contre son épouse Joëlle Ferrand, alors mairesse qui avait dû démissionner avec perte et fracas – Alain Ferrand avait été élu également dès le 1er tour avec 1 547 voix… A ce rythme de croisière là, aux prochaines municipales Ferrand cumulera au fond des urnes plus d’électeurs que d’habitants barcarésiens !

A Ponteilla-Nyls, commune d’environ 3 000 habitants située dans le canton de Thuir, le maire sortant, Louis Puig (UMP), prend un gadin inattendu : il est battu de 76 voix par un Divers Gauche, Rolland Thubert. Louis Puig avait été dans les années 90 le bras droit du président du Conseil général, René Marquès (UDF), et même son suppléant au Sénat.

Elne, Saint-Laurent, Perpignan…

Au second tour, les surprises sont venues de Saint-Laurent-de-la-Salanque, Elne… et Perpignan.

A Elne, le communiste Nicolas Garcia ne pourra pas faire un troisième mandat dans la foulée. Il a été battu par un célèbre inconnu (du moins sur la scène politique départementale, un certain Yves Barniol qui l’a littéralement écrabouillé : 2 605 voix à 2 362 ! Le maire sortant n’a eu d’autre choix que de reconnaître sa cuisante défaite, près de 250 voix d’écart.

C’est là incontestablement une figure politique locale qui disparait, « provisoirement ! » comme Nicolas Garcia s’est empressé de le claironner devant ses supporters.

A Saint-Laurent-de-la-Salanque, c’est l’autre énorme surprise : le député Fernand Siré (UMP) est viré de son fauteuil de maire par son ex 1er adjoint, Alain Got (Centriste) : 1 794 voix (31,35%) pour le premier, 2 346 voix (40,99% des suffrages exprimés). Une troisième liste, issue d’une fusion pourtant improbable entre Christian Llense et Marie-José Amigou, a rassemblé 1 583 voix (27,66%).

Depuis sa déroute électorale du 30 mars dernier, le docteur Fernand Siré accuse le maire du Barcarès, Alain Ferrand, de l’avoir fait chuter en organisant la fusion des listes Llense-Amigou « pour me déglinguer » au second tour. Le gourou du Barcarès ne dément pas, bien au contraire : « C’est Fernand qui a commencé ! Il n’avait qu’à pas envoyer son épouse Rollande à l’inauguration de la permanence électorale de mon opposante, Véronique Pastoureau… ». Et vlan !

Sauf que si la fusion a marché pour éliminer le Doc Siré de la scène municipale, elle n’a pas été suffisamment convaincante – elle a même fait perdre plus de 300 voix entre les deux tours au tandem Llense/ Amigou – pour faire trébucher Alain Got, celui qu’Alain Ferrand « ne voulait surtout pas voir dans le fauteuil de maire de Saint-Laurent ! »… C’est raté. Et ce même Alain Got pourrait coûter à Alain Ferrand son fauteuil de vice-président de l’Agglo de Perpignan… C’est l’effet boomerang ! Les Laurentins n’aiment pas que les Barcarésiens viennent s’occuper de leurs affaires ; comment un businessman tel que Alain Ferrand ne l’a toujours pas compris ?

La ville de Perpignan, enfin, qui le temps de ces élections a été « le Centre du Monde » pour les média nationaux venus en quantité et en qualité scruter les quais de la Basse et les terrasses de bistro, places Arago et République, pour « déLoger » le scoop… Peine perdue, même si le FN de Louis Aliot a réalisé un score assez spectaculaire dans une ville de plus de 100 000 habitants – 17 746 voix, soit 44,89% des suffrages exprimés – c’est le maire sortant, Jean-Marc Pujol (UMP), qui est élu avec 21 784 votes (55,11%).

Mais l’événement perpignanais est ailleurs – que dans son Conseil municipal qui sera désormais, et jusqu’en 2020, géré par la Droite (Majorité municipale) et l’Extrême Droite(seule force d’Opposition !) – il réside dans le fait que de grandes figures politiques locales disparaissent de fait car elles n’auront plus voix au chapitre dans l’hémicycle municipal : Jacqueline Amiel Donat (ex-PS), Jean Codognès (EELV), Nicole Gaspon (PCF), Clotilde Ripoull (Centre), Jordi Vera (Catalaniste CdC)…

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Jacques Manya, nouveau maire (Divers Droite) de Collioure

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