Michel Goday expose cet été au château royal de Collioure

Michel Goday expose cet été au château royal de Collioure

Michel Goday est un artiste qui fait de rares apparitions et montre son travail à compte gouttes mais chaque fois qu’il le fait, il crée l’événement, personne ne reste insensible à sa façon de se projeter dans l’art. Il se sent toujours à l’aise dans de grands espaces, dans de grands projets. Son dernier travail « Remember Kasimir : Malevitch n’est pas mort, il vit à Barcelona » a été visualisé sur internet en deux ans et demi par plus de 50.000 personnes, et relayé via les réseaux sociaux par des musées comme le Guggenheim de New-York, le Georges Pompidou de Paris, et Stediljk Museum d’Amsterdam. Aujourd’hui c’est dans le Château Royal de Collioure qu’il installera son travail avec deux expositions, inaugurées le 7 juin à 18h30 et qui visibles jusqu’au 15 septembre 2019.

Dans les salles du Casernement : « La Madeloc 360º, (carnet de notes) » dix années tournant autour de la montagne dont deux sur le terrain et dans l’atelier pour présenter cette exposition dans 8 salles. Michel Goday souhaitait inclure la Madeloc dans un triangle méditerranéen qui serait formé par trois montagnes mythiques : La Sainte Victoire,
le Pic Saint Loup et la Madeloc.

Michel Goday nous dit : « lorsque le projet de la montagne à commencé à prendre forme, il m’a amené à la regarder autrement – La peindre c’est mettre devant nos yeux ce qui n’est pas devant eux, mais derrière -. Pour donner du sens à ce travail, je devais me permettre de transformer le paysage par la couleur puis de le raturer pour bien m’assurer que la réalité n’est pas celle-là, qu’il y a de l’incertitude et du doute dans cette vision accidentée. Le geste parfois confus offre une texture à déchiffrer qui indique peut-être une philosophie du temps. Entre le sujet et l’image révélée, c’est probablement là, comme médium que doit se situer le peintre. En raison du système choisi, celui de peindre sur un support très absorbant pour y transcrire la montagne c’est un peu comme revenir à la peinture orientale, calligraphier d’un premier coup sans presque ne pas pouvoir se reprendre. Pourrait-on dire : Alla prima ? »

Michel Goday expose cet été au château royal de Collioure

Dans la Chapelle : « Les Influenceurs, (regards posthumes) » il s’agit d’une petite rétrospective où l’on pourra voir, sous le regard des maîtres qui ont guidé Michel Goday (Malevich, Pollock, Klein, De Staël, Fontana, Hesse, Beuys, etc.) plusieurs étapes de son parcours au fil des ans.
Le Château Royal à Collioure Castell reial de Cotlliure, est un des hauts lieux touristique le plus visité du département des Pyrénées Orientales. C’est une forteresse qui fut érigé dès le VIIe siècle puis reconstruite du XIIIe au XVIIe siècle. Il est le dernier château fort royal médiéval subsistant en France, avec le château de Vincennes. C’est une demeure princière où vécurent le roi Pierre II et sa femme Marie de Montpellier. Ensuite le roi Jaume I le conquérant y réside et le transmet à son fils cadet Jaume II. Il crée le Royaume de Majorque
Ce château, avec ses défenses, escarpes et contre-escarpes, fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le 14 novembre 1922. Le Château accueille environs 150.000 visiteurs par an et près de 60.000 visiteront l’exposition.

« Tout est parti d’un tableau peint l’été de 1997. Il représentait l’aile du Château de Collioure donnant sur la mer, le faubourg et au fond, la montagne Madeloc. Une dizaine d’années après, lisant « cartes à Cézanne de Rilke » me revint en mémoire l’exposition « Les dernières années » qui avait eu lieu au Grand Palais à Paris en 1978 et dans laquelle pour divers comités d’entreprises je guidais les employés partageant ma connaissance sur Cézanne, l’un des thèmes exposés : La Sainte Victoire.

L’histoire de la montagne restait là et de temps en temps remontait à la surface.
Depuis ma petite vigne à Collioure, la Madeloc est bien visible et dès que je levais la tête ou bien assis pour reprendre des forces, la montagne faisait front, élégante, grise, telle une coque de bateau renversée. Inconsciemment le chemin se traçait et ce regard emplissait discrètement ma mémoire jusqu’à l’instant où l’envie de la côtoyer de plus près, de lui faire face, de l’affronter, de montrer sa présence se fit jour.

Prendre les pinceaux, tendre la toile, mais quelle écriture, quelles couleurs, quel sens donner ? La Sainte Victoire et le Pic Saint Loup ont largement été croqués, peints, représentés, la Madeloc qui est une montagne toute aussi emblématique n’a pas eu cet honneur là. Depuis son sommet, on peut tracer une ligne visible la reliant aux deux autres montagnes et ainsi construire un triangle méditerranéen. (symbole d’une montagne dont la base irait de la Sainte Victoire à la Madeloc, le Pic Saint Loup constituant le sommet). »

Michel Goday expose cet été au château royal de Collioure

Et le peintre de nous raconter :

« La madeloc 360º parce que je tourne autor d’elle et que sur la toile elle devient le prétexte à sa révélation. Voilà près de 8 ans que je tourne autour de ce projet avec l’envie de dédier à cette montagne La Madeloc, un temps suffisamment conséquent pour la peindre, pour la révéler, pour lui donner mon regard et mes couleurs, pour montrer quelle existe, qu’elle n’est pas seulement une ombre. Elle domine la Côte Vermeille et par temps clair, translucide, avec un télescope puissant on pourrait l’observer depuis les balcons Sud du Jura. Montagne majestueuse, dernier contrefort des Pyrénées avant qu’ils ne plongent dans la Méditerranée.

Rentrer en elle pour montrer sa puissance rocheuse et abrupte, sa crête, un silex sculpté par le vent qui la fouette énergiquement ou barrière naturelle faisant écran au Mitjorn, un vent violent qui ne dure que quelques heures et quand il souffle de face, ce sont les nuages qui, percutant la montagne, sont éjaculés en son sommet. Quand la Tramontane balaie à 150 km/h seuls les buissons enracinés dans la roche et les vignes plantées dans son contre-bas résistent.

J’ai tourné autour de ce sujet. Ce n’était que des
mots, de vagues images mêlées dans une pensée confuse
mais comment le peintre pouvait-il donner sens à cela? 
Passer du voir au regarder, emmagasiner la montagne
pour ensuite la restituer, la redécouvrir moi-même, être
surpris, parfois déçu. À force de l’avoir observée elle finit
par disparaître et dans mon atelier tout réside à la réinventer, trouver un sens au réel, réel trompeur, réel trompé. J’en reviens à la rature qui m’a accompagnée tout au long de mes années de « créateur, de faiseur de signes ». Je rature la montagne tel quelqu’un qui écrit et ne trouve pas les mots, les articulations justes. L’atelier me rassure car il me met face à l’image cachée, celle qui animée par une main, par un instinct surgira d’une pensée. Se mentir face au paysage pour ne pas l’épouser mais pour l’aimer dans ses défauts.

J’ai cherché un support, un enduit à base de blanc d’Espagne, un apprêt pauvre, très absorbant qui ne permet pas ou peu de retour en arrière. Qui puisse laisser l’empreinte du pinceau dans son jet. Dès que la touche de couleur se dépose le support l’absorbe, la sèche, l’emprisonne. La couleur vit et meurt dans l’instant. Son cycle est court, bref. L’écriture comme un torrent qui bouleverse le lit par son passage et laisse des traces, des marques visibles, indélébiles,
blessantes.

Les touches de couleurs sont rapides,
 peu appliquées. Je les veux semblables au vent fort,
perturbateur, dérangeant qui frappe la montagne,
 à l’image du relief tectonique cassant. C’est cela que
je veux imprimer, cette force agaçante et violente
qui déboule en rafales. Le pinceau martèle la toile,
envoie par son impact des messages sonores, cherche
les failles pour s’y accrocher, résiste et puis se lâche,
 colorie sans se retourner, le vent est trop fort. À bout
de souffle, la montagne tente le soulèvement de toute
cette matière qui jadis était déposée dans le bassin
aquatique méditerranéen pour former à force de
compressions une montagne à la forme géométrique
visible depuis la mer comme un parallélépipède 
irrégulier. 40 millions d’années sont passés, elle surgit
sur la toile. »

Michel Goday expose cet été au château royal de Collioure

Quelques éléments biographiques
Papiers déchirés sur vitres
La sculpture monumentale est pour M. Goday une grande feuille de papier avec
laquelle il crée par des déchirures, des dessins réalisés d’un seul coup qui restent ainsi
comme des taches, des ratures au milieu du blanc où seule l’ombre extérieure projette
son écriture et sa couleur. Sur cette grande feuille, une écriture du quotidien qui une
fois raturée se jette dans une poubelle cherchant à laisser place au paraître.
Fondació Miró – Centre d’art contemporain Montreuil sous bois – Espace Lyonnais d’Art
Contemporain-

Malevich n’est pas mort, il vit à Barcelona
Malévich, une histoire moderne, inventée où le faux (fake) prend le pas sur la réalité.
Un récit en photos et dialogues entre deux personnages, un jeune et un autre plus âgé
confrontant naïveté et expérience, mais trouvant les clés pour installer de manière
fictive et parfois réelle l’iconographie de Malevitch dans les rues de Barcelone.
Centre d’art Contemporain Arts Santa Mónica Barcelona

Retables de mémoires
C’est à partir d’éléments visiblement simples que Michel Goday engage une pensée sur
les fondements même de notre culture, le regard du présent à une description
individuelle. Les peintures composées de formes élémentaires exposent pour objet
l’essentiel, le fondamental, en quelque sorte une esthétique sans fioritures, insinuant
par les éléments qui les composent une figuration suggestive, reconnaissable, et,
laissant ainsi chacun libre de la forme particulière de son émotion.
Musée Monastère de Sant Cugat del Vallès

Uptown Downtown
23 tracés réalisés sur des planches « photomontage » in-situ dans le métro de New
York. Chaque dessin est le produit d’une inscription effectuée entre deux stations. «
Subway » paraît comme lieu de décharge de signes accumulés. Le métro génère sa
propre écriture, celle de la vibration, de la secousse, de la surcharge. Ici, dans ces tracés
aléatoires, il s’agit d’une écriture aventureuse. Les cinq sens exacerbés, « obligent » le
bras, la main, tels des sismographes à enregistrer avec une acuité extrême la moindre
secousse de vie.

Avec la galerie Franklin Furnace New-York
Le livre A-Test-Station à été présenté au musé
Portraits posthumes
Séries de portraits sur des personnages qui ont influencé
le 20 ème siècle. Ici Eva Hesse et André Breton.
Galeries diverses

La maison d’Adèle
Pour la première fois j’introduis dans ma démarche un élément poétique, un regard
narratif. Adèle habite une maison bien trop grande pour elle. Son âge avancé ne lui
permet plus d’entretenir cette maison et c’est elle qui à son tour habite Adèle. La
nature reprend ainsi son cours sur des éléments contre nature construits par l’homme…
Galeries diverses
Images intimes de la rue
Retrouver dans la rue les traces de l’art contemporain. Les photographier, les agrandir et
Iles montrer en faisant le lien avec des créateurs qui dans leur travail ont approché ces
formes.
Galeries diverses et parution dans la photographie histoire d’un art aux éditions
Albert Skira.

Michel Goday expose cet été au château royal de Collioure

Info pratiques :
Château Royal de Collioure
04 68 82 06 43 – ledepartement66.fr
entrée de 4 à 2 €
en juin et septembre, ouvert tous les jours de 10h à 18h
en juillet et août, ouvert tous les jours de 9h30 à 18h30.

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