« Les rois de Majorque y passaient l’été » : ce village catalan a gardé son rang

L’air y arrive net, avec cette fraîcheur qui change le pas dès les premières rues. Entre les façades de montagne, le plateau ouvre l’horizon sans forcer l’effet, et vous comprenez vite pourquoi on ne vient pas ici pour cocher une étape de plus.

Formiguères a gardé mieux qu’un décor. Ancienne capitale historique du Capcir, le village a aussi accueilli les étés des rois de Majorque entre les XIIIe et XIVe siècles, et cette vieille tenue se sent encore dans sa manière de traverser le temps.

Les rois de Majorque passaient l’été ici, Formiguères l’a gardé dans son maintien

Le fait mérite d’être dit tôt, parce qu’il change le regard. Formiguères n’est pas seulement un village de montagne, c’est une ancienne résidence des rois de Majorque, et cette mémoire lui donne un rang rare dans ce morceau des Pyrénées-Orientales.

On le ressent dans le centre ancien, sans grand discours. L’église romane Sainte-Nativité-Notre-Dame est là, avec un ancrage très ancien, et le village reste la capitale historique du Capcir. J’aime ce mélange, une présence royale dans un cadre qui ne cherche jamais à parader.

C’est ce qui fait sa force. Le lieu reste simple, mais il a de l’allure.

À plus de 1 400 m, le Capcir donne au village une ampleur que peu de bourgs gardent

Formiguères vit sur le plateau du Capcir, à plus de 1 400 m d’altitude. La lumière y porte loin, les reliefs ferment puis rouvrent le paysage, et le village paraît posé dans un vrai décor de haute terre, pas dans une station bâtie à la va-vite.

La commune compte 494 habitants en 2023. Ce chiffre dit quelque chose d’utile, Formiguères reste à taille contenue, avec assez de présence pour vivre toute l’année, mais sans cette sensation d’agitation continue qui fatigue vite en montagne.

Le détail qui domine tout, c’est le Puig Peric. Sur le territoire communal, il monte à 2 810 m, et ce sommet donne au village un arrière-plan qui n’a rien d’anodin. Ici, la montagne ne sert pas de carte postale, elle commande vraiment le paysage.

La station est-elle dans le village ?

Non, elle est à 4 km du bourg. Cet écart est une bonne nouvelle, vous gardez l’ambiance du village d’un côté, puis le front de neige de l’autre, avec une navette gratuite entre les deux.

La station s’étage entre 1 700 et 2 400 m, avec environ 25 km de pistes, 19 pistes et 6 remontées. Je trouve ce format plus lisible que les grands domaines, surtout si vous cherchez des journées fluides plutôt qu’un marathon de kilomètres.

Camporells d’un côté, front de neige de l’autre, le village tient ses deux saisons

Formiguères a ce privilège rare, il ne dépend pas d’un seul moment de l’année. L’hiver, la station familiale attire pour le ski, les raquettes et ce domaine forestier qui garde un vrai caractère. L’été, le regard se tourne vers les Camporells et les sentiers du secteur.

Vous pouvez donc y venir sans choisir entre village et nature. C’est même là que Formiguères me paraît le plus juste, un bourg qui reste vivant quand la neige s’en va, parce que le plateau et les lacs du secteur prennent le relais.

Le contraste fonctionne très bien. Peu d’endroits tiennent ce double rôle avec autant de naturel.

Depuis Perpignan ou Prades, l’escale se prépare vite, mais la saison change tout

Formiguères se trouve à 66 km à vol d’oiseau de Perpignan et à 26 km de Prades. En voiture, l’accès se fait par le secteur de Mont-Louis, et des lignes régionales relient aussi la commune à la gare de Perpignan ainsi qu’à Puyvalador et Latour-de-Carol.

Pour le séjour, tout dépend de votre idée du Capcir. L’hiver convient si vous venez pour la station. L’été me paraît encore plus séduisant si vous aimez marcher, respirer et passer d’un village ancien à de grands espaces en peu de temps.

Toute l’année, donc. Mais pas pour la même histoire.

Faut-il venir l’hiver ou l’été ?

Les deux fonctionnent, mais pas pour les mêmes raisons. L’hiver sert le ski et l’ambiance de station familiale, l’été ouvre la randonnée autour des Camporells et donne au village un visage plus ample, plus respirable.

À la fin, Formiguères laisse une impression nette, celle d’un village qui n’a pas perdu son rang en devenant destination. Les rois de Majorque y cherchaient l’été, aujourd’hui encore on y trouve la même chose, de l’air, de la hauteur, et ce vieux maintien catalan qui reste en tête longtemps après la descente.