Le mode de scrutin s’inscrit dans le projet global pour la 6° République

Francis DASPE M6R ScrutinLe Mouvement pour la 6° République des Pyrénées-Orientales organisait une conférence / débat samedi 28 février salle des Libertés à Perpignan. L’initiative était partagée avec l’AGAUREPS-Prométhée  dont le secrétaire général, Francis Daspe, intervenait sur le thème « Quel mode de scrutin pour la 6° République ? ». « Les modes de scrutin sont rarement fixés par les textes constitutionnels. Ils varient au gré des intérêts de ceux qui exercent le pouvoir ou aspirent à l’exercer et sont parfois au centre d’enjeux bassement politiciens », indiquait-il en préambule.

Il poursuivait en précisant la diversité des modes de scrutin possibles (à un tour ou à deux tours, majoritaire ou proportionnel, uninominal ou de liste, direct ou indirect) et en expliquant les trop nombreux moyens de contourner les trois caractéristiques du vote tel qu’elles sont définies par la Constitution : universel, secret et égal. « Il s’agit d’autant d’entorses au principe de souveraineté populaire ».

Une comparaison des deux principales catégories de vote est établie, avec les avantages et les inconvénients de chacune d’entre elles. « Le scrutin majoritaire favorise la formation de majorités nettes : la stabilité ministérielle est censée être renforcée. Mais les minorités en sortent laminées et ne sont guère représentées. La proportionnelle permet à presque toutes les tendances politiques de l’être. Mais la dissémination de la représentation nationale rend plus aléatoire l’élaboration de majorités gouvernementales stables ». Si une nette préférence est accordée par l’orateur au scrutin proportionnel, les éventuels travers ne sont pas pour autant occultés : réflexes d’appareil pour intégrer une liste en position éligible, militantisme « hors-sol », difficultés pour faire émerger clairement des majorités radicales capables de faire des politiques réellement alternatives, obligation de construire des coalitions après le vote pour gouverner fondées sur le consensus mou en direction du centre, émergence de forces politiques dangereuses pour la démocratie etc.

« Un mode de scrutin si vertueux soit-il ne résoudra pas tout. Au-delà de la question qui est sans aucun doute d’importance, le véritable enjeu est de déterminer quelle République nous voulons », synthétisait Francis Daspe, en précisant qu’il serait nécessaire d’instaurer des modalités pratiques et concrètes pour garder les nouvelles institutions dans le champ de la souveraineté populaire et de l’intérêt général. Le débat avec l’assistance faisait émerger plusieurs de ces indispensables contrepoids : l’implication citoyenne, les mobilisations sociales, le contrôle des élus, la démocratie sociale dans l’entreprise que le projet de loi Macron tendra à réduire, le verrou que constituent les médias, la réduction du rôle de la technostructure et des lobbies etc.

Autant de thèmes qui feront sans aucun doute l’objet de nouvelles réflexions, séparément ou conjointement, de la part du Mouvement pour la 6° République et de l’AGAUREPS-Prométhée.

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