Le Barcarès : Pas de plaque commémorative du 76e anniversaire de la Retirada cette année !

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Suite au refus de la mairie du Barcarès d’apposer une plaque commémorative dans le cadre du 76e anniversaire de la Retirada ainsi que la photo de la plaque, Yvan Naya-Dubois, Conseiller municipal de l’opposition, nous communique sous le titre « 76e anniversaire de la Retirada : Alain Ferrand et sa majorité révisent l’Histoire de notre commune » avec prière d’insérer :

« Le samedi 21 février avait lieu au Barcarès une marche commémorative dans le cadre du 76e anniversaire de la « Retirada ». A l’initiative de Mme Rosy Godet présidente de l’association FFREEE ( Fils et Filles de Républicains Espagnols et Enfants de l’Exode) plus de 200 personnes venus de la France entière se sont retrouvés pour perpétrer le devoir de mémoire de cet épisode douloureux de l’histoire commune de deux pays : l’Espagne et la France.

En 1939 les autorités Françaises et le gouvernement de l’époque ont accueilli près d’un demi million de personnes qui franchissent la frontière des Pyrénées dans de terribles conditions fuyant la dictature franquiste. Face à cet exode massif, des camps sont montés à la hâte sur les plages du Roussillon et dans le sud-ouest de la France. Les camps d’Argelès-sur-mer, du Barcarès et de Saint-Cyprien sont construits à même le sable, par les réfugiés, utilisés comme main d’œuvre par les autorités. Les camps du Vernet d’Ariège, de Septfonds, de Rieucros, de Gurs, de Bram et d’Agde viennent compléter ce dispositif. Ils sont pensés pour désengorger les camps du Roussillon où sont internés plusieurs dizaines de milliers d’hommes. Le seul camp du Barcarès comptait 63.000 Républicains espagnols.

A l’occasion de cet anniversaire une plaque commémorative devait être posée à l’école Jean Moulin, ancienne gare remise en service en 1939 pour les besoins de la construction du camp, suivie d’une marche jusqu’au monument des « Trois colonnes » au Lido. Malgré la pluie battante, des descendants de réfugiés, nombreux, des élus locaux, sont venus se rassembler et marcher jusqu’aux « Trois Colonnes » qui symbolisent la création du 21e, 22e et 23e Régiment de Marche des Volontaires Étrangers principalement composés de Républicains espagnols.

Mais ce fut sans compter sur les difficultés de « négociation » avec la majorité municipale du Barcarès !

Refus de la municipalité d’apposer cette plaque, refus de la municipalité de laisser cette marche se rendre jusqu’au site des « Trois Colonnes ». En lieu et place de cette cérémonie, une tente dressée négligemment sur un trottoir près d’un rond point, un micro et un discours mal à l’aise d’un élu municipal qui essaye vainement de faire passer la pilule en nous servant du « devoir de mémoire », qui tente de disculper la municipalité tout en faisant un exercice de récupération en « promettant » à l’assemblée médusée la future appellation « avenue de la Retirada » en lie et place de l’Avenue du Lido – qui mène aux Trois Colonnes-, mais surtout en promettant, comble du cynisme et de l’indécence, la pose d’une plaque… alors quoi ? une plaque posée par le Maire lui-même avec son nom gravé dessus, mais pas cette plaque là ?

Oui, pas cette plaque là, qui nomme le camp du Barcarès pour ce qu’il fut : un « camp de concentration ». Mais voyez vous, la dénomination souhaitée par la municipalité n’est pas celle-là ! « Camp de concentration » cela ne fait pas bien pour l’image touristique de la ville.

Or, quand on fait fi de l’histoire, quand on refuse d’appeler les choses par leur nom, on frôle le négationnisme, on fait du révisionnisme. Le terme « camp de concentration » peut choquer, car il ne s’agit pas des camps de la mort de l’Allemagne nazi. Mais c’est un fait historique et administratif : les autorités françaises les nomment elles-mêmes, en 1939, « camps de concentration ». Rappelons-nous également les mots d’Albert Sarraut, Ministre de l’intérieur qui affirmait en février 1939, à l’occasion d’une conférence de presse à propos du camp d’Argelès, que « le camp d’Argelès sur Mer ne sera pas un lieu pénitentiaire, mais un camp de concentration. Ce n’est pas la même chose ».

En 2015, au Barcarès, la majorité municipale souhaite réécrire l’Histoire. »

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