Latour-de-France: Maison de Santé : rencontre avec le maire, Marc Carles

Marc Carles, le nouveau maire de Latour-de-France

C’est à la mairie de Latour-de-France, dans son bureau, que Marc Carles, le nouveau maire devait nous recevoir. Avec son éternel optimisme, il devait nous rappeler les différentes phases qui conduisent aujourd’hui à une mobilisation de tous. L’objectif déclaré est que la Maison de Santé Pluridisciplinaire (MSP), construite dans le village, puisse continuer à apporter un maximum de confort à la population de la vallée de l’Agly et au-delà, comme il devait le préciser.

Étant élu avec l’ancienne municipalité, il connaît bien le dossier. Déjà, alors que la maison de santé a été finalisée en 2016, toute l’attention était portée sur cet outil, alors que les prémices de difficultés commençaient à pointer leur nez. Mais c’est le nouveau maire qui aujourd’hui se trouve confronté à une réalité : « Tous les efforts doivent être mis en commun pour continuer dans l’élan donné ». Tels devaient être en substance, les propos de Marc Carles.

Un souci de transparence


C’est pour aller dans ce sens, qu’une réunion a été organisée dernièrement au Théâtre de Verdure en accord avec le maire de Maury, président de la Communauté de Communes du Fenouillèdes, maître d’œuvre en l’occurrence. Plus de 350 personnes étaient présentes ce jour-là. Une occasion rêvée pour donner les informations indispensables. Imaginons, que ces réunions soient multipliées par 10. Ce sont 3 500 personnes qui aujourd’hui, seraient aptes à porter la vérité. Ce rassemblement est aussi la démonstration, que la population est effectivement concernée par les problèmes de santé. Oui, la santé est son problème. Oui, la population est inquiète. Oui, les citoyens désirent une santé de haut niveau, y compris pour le monde rural.
Lors de cette réunion, le financement de la maison devait être expliqué. Une fois construite avec diverses subventions, l’orientation donnée a été de réaliser une opération blanche. C’est-à-dire, que le loyer prélevé, servait à payer les remboursements d’emprunts. Tout ceci, avec l’intention de mettre à disposition des soignants, un outil fonctionnel.
Des mesures ont été mises en place à la suite du départ du seul docteur restant.
Et monsieur le maire d’affirmer : « Tout est fait pour que la maison avance, continue d’être opérationnelle. Le loyer a été baissé. La commune de Latour, ainsi que la Communauté de Communes, font un effort important pour qu’il en soit ainsi. Le reste du personnel soignant reste en place, ce qui laisse augurer une volonté d’unir les efforts.
Solidarité également entre les docteurs, notamment sur Estagel et Tuchan, pour que les consultations nécessaires et justifiées puissent se poursuivre dans les meilleures conditions.
Dans le même temps, notre bassin de santé qui n’était pas classé en zone de montagne, vient d’obtenir ce label. Grâce à cette mise en place, les médecins désirant s’investir chez nous, pourront prétendre à des indemnités. »
Comme nous pouvons le constater, tout est mis en œuvre pour maintenir l’outil en état de fonctionnement. Le plus important restant à faire : trouver un docteur. C’est ce à quoi s’emploient les élus même si, comme le considère Marc Carles, cette recherche n’entre pas dans les prérogatives des édiles municipaux. Cette dernière, par l’intermédiaire de cabinets de recrutement, vient affirmer cette volonté d’offrir une offre de soins à la population, des plus respectables.

la Maison de Santé à Latour-de-France. Un outil performant et pluridisciplinaire.



La mobilisation de tous les partenaires est indispensable.


Voilà déjà deux ans, une pétition avait circulé à la suite du départ en retraite d’un docteur. Elle notait les préoccupations de la population. Tout porte à croire aujourd’hui, que cette pétition avait pleinement sa raison d’être. Tout porte à croire que les efforts faits par les uns et les autres, ne peuvent pas aplanir toutes les difficultés. Faire supporter aux seuls élus cette situation, ne serait pas juste. En effet, la santé publique, c’est l’État qui doit l’assumer. Or, 200 000 lits ont été bouclés et cela a continué y compris pendant la pandémie, 150 000 infirmières ont abandonné leur profession, 45 000 soignants dont des docteurs, sont partis à l’étranger. La santé publique n’est elle pas de la responsabilité de l’état ? Si nous nous trompons, qu’on ait l’obligeance de nous le dire ! Nous reconnaîtrons sans difficulté nos erreurs.
Les problèmes sont donc ailleurs. En vérité, le monde rural est abandonné. Tous les secteurs, économiques, culturel, social, santé, service public, sont dans le rouge. Cette constatation, n’est-elle pas vécue tous les jours par les populations concernées ?
Les initiatives prises par les collectivités territoriales pendant la saison estivale, ne peuvent pas combler le vide culturel. Même si ces initiatives sont d’un bon niveau. La culture, c’est toute l’année qu’il est indispensable de la pratiquer. Le rugby de village, qu’il soit à quinze ou à treize à disparu. Pour la pétanque, quelques aficionados continuent à mesurer les points sans vraiment avoir, cette volonté de faire vibrer les couleurs du village ancrées en plein cœur. Il ne reste plus guère que la chasse pour régulièrement, amener une certaine rupture avec la monotonie ambiante. Mais nous pouvons comprendre que tout le monde ne soit pas attiré par ce sport contre lequel quelques extrémistes créaient des clivages.
Nous terminerons par les propos du maire de Latour-de-France : « Pas de polémique stérile. Avançons pour régler au mieux cette situation. Tout ceci, dans l’intérêt des populations concernées ».
Nous ne pouvons que partager.

Joseph Jourda