La rentrée à l’institut Jean Vigo : une ciné-conférence et quatre films en regard…

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"Remous"

A la rentrée de janvier, L’Institut Jean Vigo propose deux événements : le dimanche 7 janvier, une ciné-party ! avec la projection de The Party de Blake Edwards, film culte, avec un des meilleurs rôles de Peter Sellers au cœur d’une séance festive ; et du 9 au 16 janvier, un cycle consacré aux Nouvelles Vagues en Europe, le portrait d’une jeunesse en ébullition à travers des films rares et une ciné-conférence.

La liberté, elle, se décline de plusieurs manières. Par exemple, en réduisant les coûts de production de leurs œuvres, les réalisateurs peuvent s’affranchir d’un certain nombre de contraintes vis-à-vis des producteurs. Dans un autre ordre d’idée, le matériel technique devenant plus léger et performant permet de tourner plus facilement en décors réels, voire dans la rue, parfois en contournant ou en négligeant les démarches administratives de rigueur. Enfin le langage se libère aussi, les dialoguistes ne sont plus à la recherche systématique du bon mot, mais cherchent plutôt à se rapprocher de la « vraie vie », avec des phrases parfois banales ou provocatrices, vulgaires…

Les quatre films proposés dans ce cycle (deux viennent du Free cinema britannique, deux de Nouvelles Vagues d’Europe de l’Est) sont très représentatifs de leurs cinématographies respectives. Tony Richardson et Karel Reisz (tout comme leur compère Lindsay Anderson) ont rejeté les aspects trop conformistes du cinéma britannique et se sont attaché à montrer les problèmes des gens modestes. Leurs films politiquement engagés inaugurent un aspect important du cinéma outre-Manche…
Au-delà du rideau de fer, en Hongrie et en Tchécoslovaquie, les films d’István Gaál et de Miloš Forman présentent des variations sur une thématique commune, la difficulté pour les jeunes de trouver leur place et d’accéder à l’âge adulte dans un environnement sclérosé.

Mardi 16 janvier à 18h30 :
Ciné-Conférence Free cinema ou la Nouvelle vague anglaise ?
Au départ, le Free Cinema est le titre attribué à un programme de documentaires réalisés entre 1956 et 1959 par de jeunes cinéastes comme Lindsay Anderson, Tony Richardson, et Karel Reisz. Un cinéma témoin direct des évolutions sociales de la société d’après guerre.
Cette Nouvelle Vague britannique déboule lorsque ces cinéastes font leur grand saut du documentaire au cinéma de fiction, tout en se gardant bien de réaliser des films bourgeois et déconnectés de la réalité comme il s’en produisait alors au Royaume-Unis. Portés par un ardent désir de prouver qu’un autre cinéma était possible, leurs films s’imposent rapidement comme les manifestes de cette nouvelle tendance du cinéma.
La ciné-conférence, donnée par Isabelle Cases*, maître de conférence en études anglophones à l’UPVD s’attachera, à partir d’extraits de films de tracer le portrait de ce courant de l’histoire du cinéma.
* Isabelle Cases est maître de conférence en études anglophones à l’UPVD. Spécialiste de l’angleterre victorienne, elle a également orienté ses travaux vers le cinéma britannique auquel elle a consacré de nombreux articles (sur le « Heritage film », sur Mike Leigh…). Elle a également travaillé sur les « réalisateurs alternatifs » Andrew Kötting, Patrick Keiller et le collectif Amber films. De 2012 à 2016, elle a présidé le festival Ecrans Britanniques de Nîmes dont elle dirige actuellement la programmation.

Mardi 9 janvier 19h30 : Un goût de miel, (A Taste of Honey) Tony RICHARDSON,GB, 1961, 1h40
Int : Rita Tushingam, Robert Stephens, Dora Bryan, Murray Melvin…
Jo, une collégienne un peu gauche, vit à Manchester avec sa mère Helen qui ne s’occupe guère d’elle. Un soir que sa mère l’a mise dehors pour se lancer dans une nouvelle aventure amoureuse, Jo vit une brève idylle avec un marin noir. Enceinte et abandonnée par sa mère qui s’est mariée, elle rencontre Geoffrey, un jeune homosexuel qui lui propose de vivre à ses côtés…

Jeudi 11 janvier 19h30 : L’As de pique, (Cerný Petr) Miloš FORMAN, Tchécoslovaquie, 1964, 1h25
Int : Ladislav Jakim, Pavla Martinkova, Vladimir Pucholt, Jan Vostrcil…
Petr, un adolescent timide, est censé surveiller les clients dans une supérette. Inefficace, il réalise qu’il ne veut pas ressembler à son père qui l’accable de sermons. Attiré par la belle Vera, il n’arrive pas à l’intéresser…
Forman filme le quotidien estival dans une petite ville tchèque, mais aussi les germes de rébellion de la jeunesse du bloc de l’Est.
La projection sera suivie des traditionnelles soupe à l’oignon et galette des rois.

Mardi 16 janvier 19h30 : Samedi soir, Dimanche matin, (Saturday night and Sunday morning) Karel REISZ, GB, 1960, 1h29
Int : Albert Finney, Shirley Anne Field, Rachel Roberts…
Pendant la semaine, Arthur Seaton mène la morne existence des ouvriers de Nottingham. Il n’a l’impression de vivre vraiment que le week-end, lorsqu’il pêche, se rend au pub ou fait l’amour avec Brenda, la femme de son collègue. Cette triste vie le conduit à la révolte. Il remet tout en question. C’est alors qu’il rencontre Doreen, une charmante jeune femme rayonnante d’énergie…
(Précédé à 18h30 de la ciné-conférence d’Isabelle Cases sur le Free cinema)

Jeudi 18 janvier 19h30 : Remous, (Sodrásban) István GAÁL, Hongrie, 1963, 1h30
Int : Andrea Drahota, Marianna Moór…
Des camarades d’école, garçons et filles, qui viennent de passer leur baccalauréat, vont se baigner dans une rivière.
Une des jeunes filles s’aperçoit de l’absence de son ami Gabi. Ils vont le chercher jusqu’à la tombée de la nuit, mais en vain. La couleur de la vie change pour tout le monde et cet événement tragique contraint les amis à faire une sorte d’examen de conscience et une révision de leurs rapports réciproques. Les adolescents commencent à apprendre le sens des responsabilités…

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