Huitième compilation du Col·lectiu Angelets de la Terra

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Le Col·lectiu Angelets de la Terra revendique un métissage musical autour de la création en langue catalane. La diversité d’origines et de styles des musiciens résidents en Catalogne Nord est une richesse qui transparait dans les 13 disques édités en sept ans. La huitième compilation sera présentée au théâtre municipal de Perpinyà lors du concert de Balbino Medellin, le 25 juin.

Depuis 2010, ce projet musical de qualité qui ne cesse de progresser met en évidence que les nouveaux Catalans permettent à notre culture de ne pas finir dans un musée ou une carte postale, en apportant de nouvelles sonorités et du sang neuf. Le collectif de 300 musiciens revendique une « catalanité » ouverte au monde. Ces musiciens sont originaires d’Occitanie, Sicile, Kabylie, Angleterre, Bretagne, Haïti, Maroc, Alsace, etc. Les artistes locaux ne s’étaient jamais trouvés aussi nombreux autour d’un même projet : valoriser la « llengua d’aquí ». Pour ceux qui doutent, il leur suffira de constater le bilan très positif du Col·lectiu qui a diffusé 256 chansons en catalan, dans tous les styles de musiques actuelles. Le métissage est donc le futur de la Catalogne Nord et la langue catalane est encore un facteur de cohésion sociale.

Dans cette huitième compilation, Llamp te Frigui a mis en musique un texte de Ramon Faura pour rendre hommage aux héros, insurgés du Vallespir puis du Conflent qui se révoltèrent pendant une dizaine d’années contre l’annexion de la Catalogne Nord par la France. Ils se prénommaient les Angelets de la Terra. Joaquim Vilarnou, journaliste spécialiste de la chanson en catalan pour la revue de Barcelona Enderrock a été emballé par le texte et les arrangements musicaux. Il souhaite que Ramon et Franck Sala créent d’autres chansons de ce genre. Il y a aussi Balbino Medellin qui interprète magnifiquement une version en catalan de Georges Moustaki qu’avait chanté Marina Rossell. Stéphanie Lignon qui participe au projet depuis le début a enregistré une compo, traduite par Gerard Jacquet, où elle dévoile un univers personnel. Romain Lucas comme son père avec Buenasuerte ont fait deux versions du célèbre Joan Manuel Serrat, l’une ragga et l’autre salsa. Marilys Mérial, à seulement 17 ans, nous fait découvrir pour son premier enregistrement une voix venue des profondeurs de l’âme, parfois à peine audible. Gerard Jacquet a réenregistré un de ses tubs avec de nouveaux arrangements électro réalisés par Philippe Dourou. Gaëlle Balat interprète un texte écrit par sa mère avec une voix douce et délicate. Julio Leone, avec un morceau acoustique, nous donne un avant-goût de l’album que va sortir son groupe Ghetto Studio.

Patricia Di Fraja a gagné son pari d’enregistrer la version de Joan Pau Giné qu’elle n’avait pas pu faire lors de l’hommage rendu au « cantautor de Bages » en 2013. Elle vous séduira par son interprétation tendre et joyeuse. Gadjo Lolo, ancien des forces spéciales, a aussi enregistré son premier titre en catalan, lui qui a des origines dans le Haut Vallespir et qui avait été repéré pour son succès avec la chanson « Roussillon ». Elise Mateu et José de los Rios ont été rencontrés par Ramon Faura lors des Lundis Guitare. Elise, qui a participé le mois dernier à l’émission « N’oubliez pas les paroles », a choisi de reprendre un morceau d’Eric Clapton en catalan. Sa mère était l’une des premières enseignantes de la Bressola. José nous propose une version andalouse de l’hymne de Catalogne qu’il chante déjà sur scène étant donné son attachement viscéral pour cette œuvre. Rumba Coumo a laissé le piano de la salsa pour se centrer presque exclusivement sur la rumba catalane et faire perdurer la culture musicale gitane comme ils le revendiquent dans leur chanson. Muriel Falzon Trio nous envoûte avec l’un des traditionnels enregistrés pour son album 100% en catalan, avec les arrangements du pianiste de jazz Sébastien Falzon.

Selon la chanteuse Muriel Perpigna, c’est sa participation à la cinquième compilation du Col.lectiu en 2014 qui a généré ce nouveau projet musical. Il y a aussi ses débuts en tant que choriste de Blues de Picolat avec Gaëlle Balat et Annabelle. Toutes les trois sont d’ailleurs sur cette compil. Annabelle Scholly Lotz, catalane d’origine alsacienne, nous surprend une deuxième fois avec une interprétation très émouvante. Elle était dans la septième compil, en janvier 2017. Alexandre Guerrero, le chanteur d’opéra élève de la célèbre Montserrat Caballé, participe aussi pour la deuxième fois. Il était dans la première compil en septembre 2010.

Joan Ortiz et Blue Sol proposent deux morceaux aux textes qui sont de véritables odes au métissage. Vincent Vila nous fait découvrir l’univers d’un « Reggae Man » jusqu’au bout de ses rastas qui enregistre ses morceaux dans sa yourte. Pascaline séduira les amateurs de pop anglaise et vous bercera avec sa voix suave. La Reskape nous offre une nouvelle version de l’Estaca déchaînée.

www.angeletsdelaterra.com

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