Hubert Levaufre : « Le monde de l’après-Covid : on prend les mêmes lobbyistes, les mêmes experts et on appel ça la convention citoyenne sur le climat »

Hubert Levaufre, du Parc Pédagogique La Ferme de Découverte Saint-André, nous communique sous le titre « Le monde de l’après-Covid : « on prend les mêmes lobbyistes, les mêmes experts et on appel ça la convention citoyenne sur le climat » », avec prière d’insérer :

« Le monde de l’après-Covid : « On prend les mêmes lobbyistes, les mêmes experts et on appel ça la convention citoyenne sur le climat ! »

Le train économique qui roulait toujours plus vite dans une société de l’opulence et de l’hyper mondialisation  était en mars 2020 stoppé net.

Il semblait évident que cet arrêt brutal sauverait de nombreux agriculteurs,  c’était sans compter sur Emmanuel Macron et cette convention citoyenne pour le climat qui a pris fin ce dimanche….

Cette trouvaille du chef de l’Etat pour concilier la démocratie participative réclamée par certains gilets jaunes et les impératifs écologiques n’a pas pris toute la mesure du besoin de la filière agricole.

 N’oublions pas que le chef de l’État avait décidé d’organiser cet exercice de démocratie participative inédit en France qu’après avoir déclenché un mécontentement généralisé par l’augmentation d’une taxe carbone sur les carburants … (taxe carbone qui n’avait de carbone que l’enfumage et le noir de la colère qu’elle avait provoquée, car seulement 20% de cette énièmes taxe allait réellement à l’écologie).

Si cette convention propose réellement des pistes intéressantes, il n’y a encore que des miettes pour les vrais écologistes: « les paysans agriculteurs ! »

Après huit mois de travail, cette convention a rendu sa copie pour lutter contre le réchauffement climatique et cela paraît-il dans un esprit de justice sociale. 

Est-ce que ces propositions de justice sociale impacteront le revenu et les charges sociales des salariés agricoles ? On se le demande et ont y crois pas un seul instant, alors que c’etait nécessaire. D’autant qu’aujourd’hui les seuls paysans qui peuvent encore s’en sortir sont obligés de faire 70 à 90 heures de travail semaine.

Cette convention nous dira, si c’était utile de confier cette tâche à 150 citoyens surveillés de très près par d’habiles experts et lobbyistes !

En résumé sur certains sujets, pas besoin de convention pour savoir que ce sont les charges sociales qui ont rendu l’agriculture intensive et que ce sont ceux qui en étaient les premiers bénéficiaires qui sont devenus les donneurs de leçons.

En même temps les adeptes de la grande distribution remplissaient les caddies.

En même temps les rendements de la monoculture grossissaient.

En même temps l’état subventionnait généreusement l’agriculture intensive afin que les adeptes du pas cher puissent se satisfaire d’acheter Français.

Et tout cela en même temps que l’Etat interdisait toutes sortes de semences anciennes très résistantes.

Asphyxiée l’agriculture traditionnelle devenait l’enclave moderne de la misère sociale, elle n’avait plus qu’à dépendre des semenciers ou disparaître.

Trop de contraintes et de réglementations portées par de frêles épaules ont été surenchéri par les adeptes des normes et du rendement  sur l’autel du sacrosaint pouvoir d’achat qui instaura en France le record mondial des supermarchés au kilomètre carré.

L’écologie ferait bien de repenser ces fondamentaux avant de redéfinir de nouvelles règles sociales. Enjoindre la science à trouver le moyen de poursuivre l’amélioration du bien-être matériel sans détruire la nature.

En attendant de réconcilier agriculture et bon sens Paysan, certains écologistes de circonstance feraient bien de faire preuve d’empathie et tenter de comprendre les difficultés à travailler dans nos exploitations.

 Les premiers écologistes reconnus aujourd’hui, ce sont ceux qui entretiennent l’équilibre de la nature et de la production agricole et non pas les grandiloquents qui prétendent que c’est la normalisation à outrance qui doit nous sauver…

Bref, certains défendent toutes sortes de « choses » pourvu que celles-ci ne nécessitent aucun effort, qu’elles n’impliquent de se priver d’aucun confort.

Plaider pour « de la revendication » ce n’est pas promouvoir un remède, c’est faire diversion. L’urgence va être de démasquer : « les écologistes de salon » ; démasquer les esthètes qui savent tout de l’écologie en vivant dans des tours d’ivoires.

Certains feraient bien d’écouter les gens de terrain plutôt que sublimer la catastrophe en perpétuant les bavasseries écologistes.

Certains feraient bien de côtoyer les réalités ; ils comprendraient pourquoi l’inaction ruine l’action de ceux qui font ce qu’ils peuvent pour survivre dans un monde où il n’y plus que des sachants qui s’expriment.

Après ce confinement de trois mois et maintenant le redémarrage de l’Agritourisme, je ne cesse d’être démarché pour des agents publicitaires des journaux locaux. Je les ai tous écoutés et tenté de  les convaincre d’un nécessaire changement : « Nous n’investirons dans la publicité qu’à la seule condition qu’un courrier des acteurs instaure une nouvelle relation avec nos médias et le monde de la consommation ».

Voyons voir si le monde de l’après-Covid pourrait se réinventer avec ceux qui font et non pas seulement qu’avec des sachants dépourvus d’expériences !

Petite citation : Les phares de l’humanité sont des hommes que l’humanité éclaire en feignant d’en être éblouie. Raoul Pradeau. »