Elections municipales 2014 : Jean-Marc Pujol (UMP) ouvre à gauche

Frédéric Gonano (ex-PS), lors de la grande manifestation pour le Mariage pour Tous, à Paris, l'année dernière.
Frédéric Gonano (ex-PS), lors de la grande manifestation pour le Mariage pour Tous, à Paris, l'année dernière.
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Frédéric Gonano (ex-PS), lors de la grande manifestation pour le Mariage pour Tous, à Paris, l’année
dernière.

Olivier Amiel (MRC) et Frédéric Gonano (ex-PS) intègrent la liste du maire sortant

C’est la surprise politique sur l’échiquier perpignanais de ce début d’année 2014 : deux des conseillers municipaux d’Opposition, Me Olivier Amiel (MRC) et Frédéric Gonano (ex-PS), membres du Groupe Nouvelle Union de la gauche dirigé par l’élue socialiste Me Jacqueline Amiel-Donat (la tante du premier cité ci-dessus) au Conseil municipal de Perpignan, s’apprêtent à rejoindre la liste du maire sortant UMP et candidat à sa propre succession, Jean-Marc Pujol.
Dans le journal local, Jean-Marc Pujol n’a pas démenti cette information qui a pourtant secoué son entourage à droite, précisant même : « Si des personnalités acceptent le projet commun que je porterai, je discute avec elles, comme je l’ai fait avec Olivier Amiel qui nous rejoindra. Je discute avec beaucoup de monde en ce moment car je veux conduire une liste de rassemblement et d’ouverture. Quand à ceux qui grincent des dents je les réunirai pour leur présenter mon projet, ça leur ira ou pas ».
Des propos qui n’ont pas du tout convaincu sur la droite du maire de Perpignan, et qui ont effectivement provoqué des gingivites dans les rangs de l’UMP et de l’UDI… La majorité de ses colistiers restant dubitatifs devant cette stratégie « d’ouverture à gauche », dont on murmure qu’elle a été influencée pour partie par les calculs politiciens le l’élue socialiste Me Jacqueline Amiel-Donat ; « laquelle ne fait que vouloir régler ses comptes avec son ami des années 2000, Christian Bourquin (NDLR. Sénateur des P-O et président de la Région Languedoc-Roussillon) et ne rêve que d’empêcher la liste de gauche conduite par le député PS Jacques Cresta d’accéder aux manettes de la mairie de Perpignan… ».
Le fait que les barons locaux de l’UMP – François Calvet, sénateur-maire de Le Soler, président du Comité départemental de l’UMP, et Daniel Mach, ex député, maire de Pollestres, secrétaire départemental de l’UMP’66 – se soient réfugiés dans le silence et le « no comment » accentue le malaise.
Même silence radio du côté de l’UDI, où l’on s’inquiète de savoir désormais si Jean-Marc Pujol a vraiment envie « de recevoir son « ami » Jean-Paul Alduy (NDLR. Le président de l’Agglo de Perpignan/ PMCA), le faiseur de rois, sur sa liste… Vous imaginez, vous, Jean-Paul Alduy faire campagne sur le terrain encadré de Fred Gonano et Olivier Amiel ? Ceux-là même qui en 2008 devant les grilles de La Loge (NDLR.
L’Hôtel-de-Ville) criaient « A mort !, A mort !… » à destination de Jean-Paul Alduy, alors maire de Perpignan, dans la sinistre affaire des chaussettes ?… Allons-donc, un peu de sérieux… Désormais, quoi que l’on dise, quoi que l’on fasse, quoi que l’on en pense, il apparaît de moins en moins probable que Jean-Paul Alduy rejoigne cette liste de Guignols !… Et si c’était le cas, cela risquerait de coûter très cher au maire sortant de Perpignan, car Jean-Paul Alduy apparait vraiment, localement, comme le seul rempart face au Front National de Louis Aliot. Ce n’est pas Mme Amiel-Donat, pas plus d’ailleurs que ces Mazarinades, qui aura cette force, cette puissance, déjà usée par ces combats permanents au sein du PS ».

Me Olivier Amiel (ex-MRC), aux côtés du sénateur et ancien ministre de l'Intérieur, Jean-Pierre Chevènement, fondateur du Mouvement Républicain et Citoyen.
Me Olivier Amiel (ex-MRC), aux côtés du sénateur et ancien ministre de l’Intérieur, Jean-Pierre
Chevènement, fondateur du Mouvement Républicain et Citoyen.

C’est de gauche, comme on pouvait s’y attendre, que les mots les plus sévères ont été lancés tels des banderilles assassines (au plan verbal) contre Olivier Amiel, notamment par Philippe Galano, chef de file du Parti communiste français (PCF), dans la liste des Forces citoyennes et de gauche menée par Jacques Cresta : « Olivier Amiel (MRC) rejoint en bonne place (NDLR. Dans les dix premiers) et à titre individuel la liste UMP de Jean-Marc Pujol pour les élections municipales. Lui qui alimentait, il y a peu de temps encore, un blog intitulé « la vie quotidienne d’un citoyen sous la monarchie de Jean-Paul Alduy ». Plutôt que de
rejoindre le rassemblement constitué par les forces du PS, du PCF, du PRG et de citoyens de gauche, il choisit, guidé par une haute estime de soi et de l’ambition personnelle, de rallier le camp d’en face. Son choix n’est semble-t-il pas partagé par ses camarades de parti qui mesurent les enjeux qui se jouent pour Perpignan face à la politique de Jean-Marc Pujol et à la menace du Front National (…). Par ce choix personnel, Olivier Amiel trompe les électeurs qui lui ont permis de siéger avec la gauche pendant cinq ans et participe à l’entreprise de division de la gauche sur Perpignan ».
Dans l’entourage d’Olivier Amiel on n’a pas tardé à riposter : « Galano ne manque pas d’aplomb ! Lui dont le seul exploit a été de saccager un péage et d’aller à la soupe !… Le Parti Communiste fait des vœux en fustigeant le PS, mais dans le même temps il négocie trois places dans les 9 premiers de la liste Cresta… ».
Dans la foulée, le MRC s’est mis en ordre de bataille pour virer Olivier Amiel du nombre de ses adhérents… et dirigeants, car Olivier Amiel occupait des fonctions départementales et régionales, ainsi qu’au niveau national au sein du Mouvement Républicain & Citoyen de Jean-Pierre Chevènement.
Jean-Luc Laurent, président du MRC, a déclaré que « le secrétariat national du MRC ayant pris connaissance de la décision d’Olivier Amiel de rallier la liste de droite, a décidé de le suspendre immédiatement de toutes ses responsabilités et de lui retirer ses fonctions locale, départementale et nationale (…). Le ralliement d’Olivier Amiel constitue une trahison à l’égard du MRC qui est une composante de la gauche, et de ses militants de Perpignan et des Pyrénées-Orientales, qui se battent depuis des années pour changer de politique à Perpignan et ouvrir une alternative de progrès. Cette alternative doit se construire dans les semaines qui viennent autour de Jacques Cresta, qui a la responsabilité de constituer une liste de rassemblement de toute la gauche dans laquelle le MRC confirme qu’il est prêt à prendre toute sa place ».
Aussitôt, Olivier Amiel a répondu dans un communiqué en date du 9 janvier 2014 : « Je n’ai pas été « viré » du MRC, mais seulement suspendu de mes fonctions fédérales et nationales (NDLR. Ce n’est pas ce qu’écrit Jean-Luc Laurent dans le communiqué publié pour partie ci-dessus).
L’exclusion ne peut intervenir qu’après avoir entendu mes arguments, c’est le principe du contradictoire, cher à tous les juristes… Je n’ai pas « trahi » le MRC et encore moins le chevènementisme dont les valeurs sont et resteront les miennes. Je considère que s’engager dans un projet constructif pour la ville au sein d’une liste rassemblant « les républicains des deux rives » est la seule réponse responsable et en accord avec ma conscience. La gravité de certains enjeux doit permettre de dépasser les clivages et bouger les lignes. C’est le cas aujourd’hui avec la situation économique et locale et le risque que représente l’extrême droite ».
Il n’est pas sûr que les Perpignanaises et les Perpignanais partagent cette analyse, car le ralliement à droite des deux élus de gauche, Olivier Amiel et Frédéric Gonano, égare une partie de l’électorat traditionnel, tant il a semé un trouble et une confusion, surtout chez les militants et sympathisants de droite, qui, selon les observateurs de la politique locale, à l’arrivée pourrait bien coûter à Jean-Marc Pujol son fauteuil de maire de Perpignan.

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