Dans les Albères, ce château a accueilli le roi de France et le roi de Majorque

Les pierres dominent les ruelles, avec la montagne qui referme l’horizon derrière les toits. À Laroque-des-Albères, dans les Pyrénées-Orientales, le vieux bourg conduit vers un château où deux souverains se sont rencontrés pendant la croisade d’Aragon.

La scène historique donne un relief particulier à cette halte catalane, à l’écart des stations du littoral. Vous venez pour les passages étroits et les façades anciennes, mais le regard finit par monter vers les vestiges au-dessus du village.

Le château où Philippe III le Hardi rencontra le roi de Majorque

Le fait est là, derrière les murs anciens: le château de Laroque a accueilli une rencontre entre le roi de France Philippe III le Hardi et le roi de Majorque, lors de la croisade d’Aragon. Un épisode de pouvoir, posé sur un promontoire qui regarde la plaine du Roussillon.

Cette rencontre suffit à changer la lecture du lieu. Les remparts ne servent plus seulement de décor à une promenade: ils rappellent que le village a connu le passage de deux cours royales, dans un territoire tourné vers l’Espagne et la Méditerranée.

La montée se fait au rythme des pierres. Puis la vue s’ouvre.

Les vestiges du château sont-ils accessibles librement ?

Oui, les vestiges extérieurs et le belvédère sont accessibles librement. Depuis les hauteurs, la plaine du Roussillon s’étale devant vous et la Méditerranée peut apparaître lorsque les conditions s’y prêtent.

Depuis le IXe siècle, Laroque-des-Albères s’est construite autour des remparts

Laroque-des-Albères est mentionnée dès le IXe siècle, sous le nom de Roca Frusindi. Le nom renvoie à Frusindus, son possesseur, et l’ancien village s’est ensuite organisé autour du château seigneurial, à l’intérieur des remparts.

Le bourg garde cette logique de hauteur. Les ruelles conduisent vers l’ancienne fortification, tandis que le village s’étend aujourd’hui au-delà de son enceinte médiévale, vers le nord.

La pierre garde la mémoire.

L’église Saint-Félix et les petites places catalanes prolongent la balade sans la transformer en inventaire. Il faut prendre le temps de lever les yeux, de suivre une venelle, de s’arrêter là où une façade coupe la lumière.

Le village porte aussi son nom catalan, La Roca d’Albera. Cette appellation colle à son paysage: une présence bâtie entre la plaine cultivée et les reliefs boisés des Albères.

Le Puig Neulos à 1 256 m, la montagne juste derrière les toits

Le territoire communal monte jusqu’au Puig Neulos, à 1 256 m. Cette proximité donne au village une double allure: les vignobles et les cultures de la plaine d’un côté, les forêts et les pentes du massif de l’autre.

La mer reste proche, mais la montagne impose son rythme. C’est ce contraste qui rend l’escale convaincante pour qui préfère alterner patrimoine et marche plutôt que choisir un seul paysage.

Les Albères peuvent exposer les marcheurs à une forte chaleur estivale. Le printemps ou l’automne offrent une fenêtre plus agréable pour partir sur les itinéraires du massif, avec une lumière moins dure sur les pentes.

Quelle saison choisir pour randonner dans les Albères ?

Le printemps et l’automne sont les périodes à privilégier. Les itinéraires peuvent être très exposés à la chaleur en été; mieux vaut réserver cette saison aux flâneries dans le village ou aux échappées vers la côte.

À 20 km de Perpignan, une halte entre la plaine et la frontière

Laroque-des-Albères se trouve dans les Pyrénées-Orientales, à 20 km à vol d’oiseau de Perpignan. La commune est frontalière de l’Espagne, entre Argelès-sur-Mer, Le Boulou et les premiers contreforts du massif.

On peut y arriver pour une parenthèse dans le vieux village, puis prolonger vers les sentiers des Albères ou vers la Côte Vermeille. La ligne 553 du réseau liO relie la commune à la gare de Perpignan depuis Saint-Génis-des-Fontaines.

Le matin, les pierres gardent encore une ombre fraîche. Au-dessus des toits, le château rappelle que des rois sont passés par là.