À quelques kilomètres de Prades, dans les Pyrénées-Orientales, les routes du Conflent conduisent vers Los Masos, au pied du massif du Canigou. Le nom surprend avant même l’arrivée: cette commune est la seule de France à commencer par l’article non français « los ». Pour une escapade entre hameaux ruraux, canal d’irrigation et paysages catalans, le détail vaut le détour.
« Los »: le seul article non français d’une commune
Los Masos porte un nom qui ressemble à une anomalie sur une carte française. En catalan standard, la commune se nomme Els Masos, mais certaines variétés de catalan emploient « los ». Le mot renvoie aux mas, ces exploitations rurales autour desquelles le village s’est développé.
La commune est donc la seule en France dont le nom commence par un article non français. Voilà le genre de détail que l’on remarque en préparant son itinéraire, puis que l’on cherche du regard en arrivant.
Je trouve ce nom plus évocateur qu’un simple repère administratif. Il rappelle immédiatement la présence catalane du Conflent, sans transformer la visite en leçon d’histoire. Vous le verrez sur les panneaux, les cartes et les indications locales.
42 km de canal pour répondre au manque d’eau
Le canal de Bohère raconte une autre facette de Los Masos. Construit vers 1863, il s’étend sur 42 km, de Serdinya jusqu’aux environs de Marquixanes, près du lac de Vinça.
L’eau a longtemps manqué au village. Ses habitants portaient même le surnom de « bouches sèches », ou boques axugues en catalan. Le canal a facilité l’arrosage des cultures et permis une diversification agricole.
Aujourd’hui, la production fruitière domine dans la commune. Je préfère cette histoire concrète aux grands récits patrimoniaux: en suivant les promenades autour du canal, vous comprenez comment un ouvrage hydraulique a changé la vie quotidienne du territoire.
Quatre hameaux, une commune autour de Llonat
Los Masos ne se présente pas comme un bourg compact. La commune rassemble plusieurs hameaux, parmi lesquels Llonat, Lloncet, Ballanet et La Sacristie.
La mairie et l’église paroissiale se trouvent à Llonat. L’église Sainte-Marie donne un point de départ clair pour découvrir l’ensemble, tandis que les routes et les chemins relient les différents secteurs de la commune.
966 habitants vivent ici selon la population de référence de 2023. Ce chiffre aide à imaginer l’échelle du lieu: vous êtes dans une commune rurale, proche des services de Prades, mais encore organisée autour de ses hameaux et de son paysage agricole.
À 3 km de Prades, une halte facile à intégrer
3 km de Prades suffisent pour rejoindre Los Masos. Depuis Perpignan, la commune se trouve à 36 km à vol d’oiseau, dans le Conflent, entre la vallée de la Têt et les contreforts du Canigou.
Pour venir, l’accès se fait depuis la N116. La gare de Prades, Molitg-les-Bains se trouve à quelques kilomètres, ce qui permet d’envisager une découverte sans commencer par une longue route de montagne.
La meilleure façon de visiter consiste à prendre le temps de passer par Llonat, puis de suivre les promenades liées au canal de Bohère. Aucun itinéraire chronométré n’est nécessaire. Le plaisir vient plutôt du changement d’échelle entre Prades, les hameaux et les reliefs qui ferment l’horizon.
Peut-on venir en train à Los Masos ?
Oui, la gare de Prades, Molitg-les-Bains se trouve à quelques kilomètres de la commune. Il faut ensuite rejoindre Los Masos depuis Prades, qui reste le principal point de services et de déplacement du secteur.
Que voir sur place en priorité ?
Commencez par Llonat, où se trouvent la mairie et l’église Sainte-Marie. Poursuivez avec les promenades autour du canal de Bohère, puis prenez le temps de repérer les différents hameaux qui composent la commune.
Le calendrier local ajoute une touche plus animée à certaines périodes: la fête patronale a lieu le 8 septembre, la festa major le dernier week-end d’août et le village de Noël en décembre.
À Los Masos, un article de deux lettres suffit à changer la perception d’un village. Puis le canal apparaît, les hameaux s’éparpillent et le Canigou ferme la scène. Le nom reste en tête, longtemps après le départ.





