Assemblée départementale des P-O : Révision de la carte cantonale

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Le préfet René Bidal a présenté son projet… calqué pile poil sur celui du sénateur PS, Christian Bourquin. D’où la levée de boucliers à droite !

Le 30 septembre dernier, René Bidal, préfet des Pyrénées-Orientales, a présenté au Conseil général’66 son projet de révision de la carte cantonale qui semble tout simplement avoir été calqué sur celui, soumis il y a environ deux mois, par les parlementaires socialistes du département et la présidente également PS de l’Assemblée départementale.

En tout cas, c’est bien de cela que l’accusent les élus UMP et Centristes des P-O qui ont immédiatement réagi à cette annonce en menaçant d’aller devant le Conseil d’Etat « pour faire annuler » ce redécoupage cantonal qualifié par ses opposants de « charcutage », de « tripatouillage »… voire encore de « magouille électorale ».

Dans cette riposte, c’est le sénateur François Calvet, maire de Le Soler, vice-président de l’Agglo de Perpignan (PMCA) et président départemental de l’UMP’66 qui a été le plus virulent. Il s’est fendu le lendemain d’un courrier adressé carrément au ministre de l’Intérieur, Manuel Valls pour s’étonner d’un tel projet et lui demander « de revenir sur ce redécoupage (…). Bien sûr, si aucune réponse ne nous était apportée, nous serions contraints et forcés de développer nos arguments auprès du Conseil d’Etat dès la parution du Décret (…) ».

Yves Porteix, maire centriste de Sorède, a été l’un des tout-premiers à réagir pour regretter amèrement de voir sa commune « quitter le canton d’Argelès-sur-Mer pour rejoindre celui de Céret… Je n’ai rien contre les élus et la population du canton de Céret, avec lesquels j’entretiens des relations amicales et affectives, mais culturellement, démographiquement, économiquement, politiquement aussi, Sorède et ses habitants se sentent plus proches d’Argelès-sur-Mer. De plus, au-delà de cette séparation douloureuse, j’ai l’impression qu’on nous inflige quelque part une double peine puisque le canton dont nous allons faire partie à partir de 2015 s’appellera « canton du Vallespir », gommant ainsi l’entité – notre entité ! – des Albères. Cela m’est insupportable, d’autant que le massif des Albères est transfrontalier et qu’il nous engage volontairement dans des partenariats avec nos voisins catalans du versant sud (…) ».

Samedi 12 octobre, lors de l’assemblée générale annuelle de l’Association départementale des maires et des adjoints des P-O, le maire de Sorède ne s’est pas privé de mettre son grain de sel, s’étonnant, comme d’ailleurs beaucoup d’autres élus locaux, de ne jamais avoir été contacté dans l’élaboration de cette nouvelle carte cantonale… « alors que nous sommes pourtant les premiers concernés ».

Ambiance-ambiance !

Il faut savoir qu’en 2015, deux conseillers départementaux, de sexe différent, seront élu dans chaque canton, en binôme. Leurs deux noms figureront sur le même bulletin, les électeurs devant se prononcer en faveur du binôme dans sa totalité. Chaque département comptera un nombre de cantons égal à la moitié du nombre de cantons actuels arrondis au nombre impair supérieur. Pour les Pyrénées-Orientales, on passera donc de 31 cantons actuellement à 17 cantons en mars 2015.

Au regard du chiffre correspondant à la démographie départementale (recensement 2013), la division arithmétique par 17 cantons donne une population de 26 385 habitants par canton, mais, les travaux préparatoires de la loi et l’avis préalable du Conseil d’Etat suggèrent que l’on puisse admettre une marge de 20% en plus ou en moins. Ainsi, le calcul qui intègre cette marge de – 20% ou de + 20% donne, dans les P-O, une fourchette qui est comprise entre 21 108 et 31 662 habitants par canton.

Les P-O sont un département où le principe d’égale représentation des populations de chacune des circonscriptions cantonales est actuellement extrêmement mal respecté : l’écart existant entre la population du canton le moins peuplé, celui de Sournia (1 248 habitants) et le plus peuplé, celui d’Argelès-sur-Mer (26 412 habitants) est aujourd’hui de 1 à… plus de 21 !

A l’issue du projet de révision de la carte cantonale des P-O présenté par le Préfet Bidal ce rapport ne sera plus que de 1 à 1,5. C’est dire toute l’attention et le suivi arithmétique qui a été apporté pour que le nouveau Conseil général ne souffre d’aucune disparité humaine et démographique comme c’est hélas le cas aujourd’hui.

A l’évidence, les auteurs du projet iont cherché à préserver l’unité communale au sein des cantons. « Hors Perpignan, aucune commune du département n’a ainsi été fractionnée », indique le Préfet Bidal. « Le projet est construit sur une logique de prise en compte de la topographie du département et de l’actuelle carte cantonale (…) ».

Malgré cela, les opposants au projet restent mobilisés, irrités il semblerait par « la disparition des dénominations des régions naturelles qui composent le territoire du Roussillon ».

Ainsi, dans la lettre de François Calvet à Manuel Valls, il est pointé du doigt « les absences d’appellations telles que la Cerdagne et le Capcir qui n’ont plus leur spécificité, le Conflent et le Haut-Conflent qui ont disparu, le Fenouillèdes également, les Albères sont oubliés, la baronnie bafouée, Perpignan historique rayée de la carte… Vous connaissez notre département, son identité, si ancrée en Catalogne. Comment peut-on accepter qu’au sein d’un même canton des communes soient distantes de plus de deux heures de trajet, sa ns continuité géographique ou routière. Faudra-t-il creuser un tunnel sous le Canigou pour relier Rodès à Prats-de-Mollo ou Améle-les-Bains ? (…) ».

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