Anoblir les berges de la Têt

De gauche à droite: Jean-Claude Kaiser, architecte et maire-adjoint, Romain Grau, président de Perpignan 2020, Julien Carbonell, aménageur foncier et Matthew Leigh, spécialiste en Systèmes d'Information Géographique (SIG)

Habitat-et-urbanisme--se-loger-et-vivre-a-Perpignan

Le club Perpignan 2020 organisait son 8e forum public, sur le thème « Habitat et urbanisme, se loger et vivre à Perpignan », ce 15 mai au restaurant Le pas très sage, en présence de 140 personnes. Cette rencontre a été introduite par le maire-adjoint et architecte Jean-Claude Kaiser, annonçant fièrement que la « planification urbaine ébauchée en 1993 avec Jean-Paul Alduy est réalisée ». Une équipe de trentenaires réunissant depuis plusieurs semaines l’architecte Adrienne Costa, la sociologue en Ingéniérie sociale Elodie Vermast et l’informaticien britannique Matthew Leigh, a développé une analyse d’ensemble, sous la houlette de l’aménageur foncier Julien Carbonnell, pour lequel Perpignan « mérite d’être renversée vers son centre, elle doit redevenir désirable ». Ce technicien a évoqué les trois exigences urbaines mondiales de développement durable : avancées technologiques, transition énergétique et logement décent, couplé à une nourriture saine. Ce décor planté, Romain Grau a présenté un plan d’action global en continuité de l’action de J.P. Alduy, présent dans la salle, aux côtés du maire-adjoint Marcel Zidani. Le président de Perpignan 2020 a insisté sur le « succès » des politiques d’urbanisme à Perpignan, car « la ville est plus belle », avant de tempérer « mais il faut requalifier certains quartiers. La « gentrification » observée dans les pays du Nord est une reconquête des cœurs de ville par des populations dynamiques ». L’exemplarité des grandes villes remodelées, dont Glasgow et Londres, mais aussi Lisbonne et Lyon, a été évoquée dans les détails, avec un coup de projecteur sur Bilbao, dont le musée Guggenheim, ouvert en 1997, a donné une « visibilité mondiale à cette ville », comme le soulignait Matthew Leigh. Romain Grau complétait « misons fort sur la Culture, comme force structurante » et citait le Théâtre de l’Archipel, comme « phare d’une ville renouvelée », ayant « transformé une bonne partie du quartier environnant » et à « amélioré l’image de Perpignan ». Surtout, l’élu défendait avec détermination une réappropriation des berges de la Têt et décrivait avec passion le réaménagement « Rives de Saône » mené sur 15 km par la Communauté urbaine du Grand Lyon. Il concluait « Sur l’axe Le Soler – Perpignan – Canet, une réappriation des berges de la Têt est fortement souhaitable, avec l’appui de l’Agglomération Perpignan Méditerranée ».

Ce forum technique, accompagné d’images, statistiques et schémas, a abordé les autres besoins d’équilibres urbains, dont une proximité maritime à réinventer, la place de l’Université et les technologies à inclure dans un projet de Smart City, ou ville intelligente. Ces questionnements ont révélé un besoin de modestie invitant à « comparer Perpignan à Orléans », selon Romain Grau, et à considérer le coût de cette vision de la ville, volontairement axée sur 2050, car Perpignan 2020, qui vise une échéance proche, fixe un cap plus lointain, à préparer sans tarder pour préserver les générations futures. Sur ce principe, Julien Carbonnell insistait « Regardons les villes de demain pour mettre en place des politiques cohérentes. Perpignan mérite une meilleure densité qualitative en matière d’habitat et d’urbanisme. Mêlons les générations, ramenons les étudiants en ville, et surtout associons les populations au changement ».

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