À Baho, près de Perpignan, le soir adoucit les rues et ralentit le passage. Le village ne réclame pas de grand détour, mais il garde dans son nom une trace très ancienne de la plaine du Roussillon. Cette proximité en fait une halte facile toute l’année, lorsque l’on veut s’éloigner un moment de l’agglomération sans partir loin.
Le nom catalan, Bao ou Baó, donne déjà une autre sonorité à la balade. Ici, le fil conducteur tient dans quelques lettres transmises à travers le temps. Elles racontent une mémoire locale plus ancienne que ce que laisse deviner la continuité des maisons et des routes autour de Perpignan.
843, la première trace écrite de Baho
Baho apparaît dès 843 sous les formes Baso et Basone. Ce sont les premières mentions connues du village, liées à une demande de reconnaissance de propriété déposée par Ravella, épouse de Protasius, auprès de Suniaire Ier, comte de Roussillon.
Le décor est celui d’une affaire de terre et de transmission. Ravella demande que sa propriété soit reconnue, et le nom de Basone entre alors dans l’écrit. Voilà ce qui donne du relief à une promenade ici: le lieu existait déjà dans les documents quand tant de villages ne portent encore, pour nous, aucune histoire lisible.
Le nom a ensuite changé de silhouette. Basone revient aux XIVe et XVe siècles, puis les formes Bau, Bao et Baho apparaissent à partir du XVIIe siècle. Vous ne trouverez pas une ville-musée figée, mais un nom qui a résisté aux siècles et aux usages.
En 988, Baho rejoint l’histoire de l’abbaye de Cuxa
Un autre repère précise cette longue continuité. En 988, le territoire de Baho est donné par le comte Oliva de Besalù à l’abbaye Saint-Michel de Cuxa. Cette mention utilise aussi la forme Villam Basone.
Ce second texte évite de réduire Baho à un simple faubourg de Perpignan. Le village appartient à une histoire roussillonnaise plus large, faite de propriétés, de comtes et d’abbayes. C’est discret, mais c’est bien réel.
Le plaisir de l’escale vient de cette échelle. On marche dans une commune vivante, et l’on sait que son nom circulait déjà dans des actes anciens. La pierre, les ombres et les voix du jour prennent alors une autre densité.
Pourquoi Baho porte-t-elle aussi le nom de Bao ?
Baho porte en catalan les formes Bao ou Baó. Les graphies ont varié au fil du temps, de Baso et Basone à Bau, Bao puis Baho. Le nom actuel garde donc la mémoire de plusieurs écritures, sans effacer sa résonance catalane.
À 6 km de Perpignan, une halte sans grand voyage
Baho se trouve dans les Pyrénées-Orientales, à 6 km à vol d’oiseau de Perpignan. La commune est dans la plaine du Roussillon, près de la Têt, entre le Ribéral et la Salanque. Cette distance change tout pour une parenthèse courte.
On peut rejoindre le village par la route de Saint-Estève, la route de Perpignan avec le raccordement vers la N116, ou la route de Villeneuve-la-Rivière. La ligne 14 du réseau Sankéo relie aussi Baho au centre de Perpignan depuis Pézilla-la-Rivière.
Le village compte 3 231 habitants en 2023. Ce n’est donc pas une halte désertée ni un décor isolé: Baho reste reliée à l’agglomération tout en portant un nom que les archives font remonter bien avant elle.
Peut-on visiter Baho toute l’année ?
Oui, Baho se prête à une découverte toute l’année. L’intérêt ne dépend pas d’une ouverture saisonnière signalée dans les informations disponibles, mais de sa proximité avec Perpignan et de son histoire toponymique, que l’on peut suivre sans attendre une période précise.
Baho, pour regarder autrement la plaine du Roussillon
Cette escale conviendra surtout à ceux qui aiment donner du temps aux noms de lieux. À Baho, le voyage ne repose pas sur une attraction isolée: il commence par une question simple, celle d’un village appelé Basone il y a plus de mille ans.
En repartant vers Perpignan, le nom reste en tête. Bao, Basone, Baho: quelques syllabes, et une date ancienne qui traverse encore la lumière de la plaine.





