Ce village des Pyrénées-Orientales où il ne reste que 125 habitants vit au rythme d’une source à 58 °C

On ne vient pas à Fontpédrouse pour les foules. On vient pour le bruit de l’eau, l’odeur de soufre qui monte des bassins, et cette lumière de haute vallée qui fait briller la pierre des maisons. Cent vingt-cinq habitants vivent là, à 62 km à vol d’oiseau de Perpignan, dans un village que la montagne serre de près.

Et c’est justement ce qui rend le lieu fou.

Au XIXᵉ siècle, près de 890 personnes habitaient la commune. Aujourd’hui, elles sont 125 en 2023. Un village qui a perdu sept habitants sur huit en un siècle et demi, et qui n’a pas disparu pour autant.

Il s’est recentré autour d’une source.

58 °C dans une bassine en plein air, à 1 150 m d’altitude

La source des Bains de Saint-Thomas sort de la roche à 58 °C. L’une des plus chaudes des Pyrénées. Elle est sulfurée, hyperthermale, et elle alimente trois grands bassins extérieurs installés à environ 1 150 mètres d’altitude, en pleine montagne.

La commune a rattaché le hameau de Prats-Saint-Thomas en 1822, mais c’est la rénovation des thermes en 1993 qui a relancé la vie locale. Aujourd’hui, l’eau est régulée autour de 37 °C dans les bassins, avec jacuzzis, jets de massage, hammams et salles de soins.

On se retrouve donc à barboter dans une eau chaude de montagne, le regard sur les sommets. Pas de maillot obligatoire selon une règle absurde, pas de musique trop forte: juste la vapeur, le ciel, et les Pyrénées tout autour. Le site est labellisé dans le parc naturel régional des Pyrénées catalanes, créé en 2004.

Une vallée coincée entre quatre sommets de plus de 2 800 m

La commune n’est pas grande, mais elle est verticale. Quatre sommets dépassent 2 800 mètres sur son territoire: le pic du Géant à 2 881 m, le Noufonts à 2 864 m, l’Infern à 2 869 m, et le pic de la Fossa del Gegant à 2 808 m. La Têt traverse le nord de la commune d’ouest en est, la Carança y prend sa source, et la Riberola y dévale ses ravins.

C’est un terrain de gorges, de forêts, de pics. Forêts et milieux semi-naturels couvrent 100 % du territoire communal.

Les gorges de la Carança, à deux pas, font partie des sites Natura 2000 de la commune. Le « massif du Puigmal » et « Puigmal-Carança » accueillent notamment le gypaète barbu, ce grand rapace dont on reparle à chaque printemps dans les Pyrénées-Orientales. Pour qui aime marcher sans se croiser, c’est un terrain idéal.

Le Train Jaune et la RN 116: on y arrive sans voiture

La route nationale 116 traverse la commune d’ouest en est, en provenance de Mont-Louis et en direction de Thuès-Entre-Valls. Mais le plus simple reste le Train Jaune, le train de montagne de la ligne Villefranche-de-Conflent, Latour-de-Carol, qui dessert directement la commune. Depuis Perpignan, la ligne 560 du réseau liO relie aussi Fontpédrouse à la gare.

À 23 km de Prades, à 62 km à vol d’oiseau de Perpignan, et à 4,9 km de Mont-Louis, le village reste accessible sans voiture.

On pose ses valises, on marche jusqu’aux bassins, on lit, on sue, on remonte. Le soir, le même train jaune vous ramène.

Pour qui c’est fait

Pour les voyageurs qui cherchent une halte thermale sans le folklore suranné des grandes stations. Pour les randonneurs qui veulent enchaîner une journée dans les gorges de la Carança et un bain chaud à 1 150 m. Pour les familles qui découvrent le Train Jaune pour la première fois.

Pour tous ceux que la haute vallée catalane tente depuis longtemps, mais qui ne savaient pas qu’on pouvait s’y baigner dehors en plein mois de juin.

Peut-on se baigner dehors toute l’année ?

L’établissement thermal de Saint-Thomas accueille du public toute l’année. Les bassins extérieurs se découvrent surtout au printemps, en été et au début de l’automne, quand la vallée reste accessible sans neige.

Comment y venir sans voiture ?

Le Train Jaune dessert directement la commune sur la ligne Villefranche-de-Conflent, Latour-de-Carol. La ligne régionale liO 560 relie aussi la gare de Perpignan au village via Porté-Puymorens.

Cent vingt-cinq habitants. Une source à 58 °C. Le Train Jaune qui s’arrête au bord de la Têt.

Le pic du Géant qui ferme l’horizon à 2 881 m. Fontpédrouse n’a rien d’une carte postale, et c’est probablement pour ça qu’on y revient.