La lumière matinale dore les remparts ocre de la kasbah pendant que les plages saturées s’éveillent 500 mètres plus loin. Hammamet cache un secret que ses **5 millions de touristes annuels** ne trouvent jamais. Derrière les resorts all-inclusive, une médina de 200 mètres sur 200 et des vestiges romains dorment dans l’indifférence générale.
Pendant que les transats s’alignent militairement sur 20 kilomètres de sable, **1 200 ans d’histoire** attendent à dix minutes à pied. La médina fortifiée et le site de Pupput révèlent l’Hammamet authentique, celle que les circuits balnéaires ignorent systématiquement.
La médina fortifiée que les resorts cachent
L’entrée se fait par la Grande Mosquée, au minaret blanc carré. Les remparts fondés en **893** protègent encore des ruelles où le temps s’est arrêté. Les **90 873 habitants** d’Hammamet vivent leur quotidien dans ces passages voûtés.
Les maisons blanches aux portes bleues respirent l’échelle humaine. Aucun building hôtelier ne dépasse les fortifications. Le silence contraste violemment avec le bruit permanent des piscines à débordement et des animations de plage qui résonnent au loin.
Cette médina compacte se parcourt en trois heures. Elle offre ce village de 2 637 habitants où Matisse a inventé le fauvisme en 1905 la même authenticité méditerranéenne, mais sous un soleil tunisien.
1 200 ans de pierres ignorées par les circuits all-inclusive
La révélation architecturale commence par la kasbah hafside. Cette citadelle quadrangulaire domine la baie depuis **1463**. Le prince Uthman l’agrandit pour en faire sa résidence gouvernementale. Les adaptations à l’artillerie des XVIe-XVIIe siècles marquent encore les bastions d’angle.
La kasbah hafside de 1463 face à la mer
Cinquante mètres de côté, des remparts de pierre ocre qui rougeoient au coucher du soleil. Le panorama depuis les créneaux embrasse toute la médina et le golfe. **L’entrée coûte 8 € contre 45-90 € pour les excursions organisées** vers Carthage.
Les visiteurs se comptent sur les doigts d’une main en janvier. En juillet, les terrasses des resorts débordent de 30 000 touristes quotidiens qui ignorent ces pierres témoins de l’histoire islamique.
Pupput : la cité romaine sous la zone hôtelière
À quatre kilomètres au sud, les vestiges de Pupput émergent entre deux complexes balnéaires. Les **thermes, villas et mosaïques funéraires** racontent la richesse de cette cité prospère du IIe au IVe siècle. L’invasion arabe de 893 précipita son abandon au profit d’Hammamet, plus stratégique pour la défense côtière.
Le site archéologique reçoit **moins de 200 visiteurs par mois** selon les estimations locales. Les mosaïques géométriques dorment sous un silence troublant, ignorées par les flux balnéaires massifs qui déferlent à 500 mètres.
Trois heures dans l’Hammamet que votre hôtel ne mentionne pas
Le réveil de la médina commence avant l’aube. À 6h30, les premiers rayons touchent les façades blanchies à la chaux. Les **températures de janvier oscillent entre 12 et 16°C**, parfaites pour arpenter les ruelles sans la fournaise estivale de 33°C.
Souks de la médina : artisanat local sans harcèlement
Les étals proposent tapis, céramiques et bijoux berbères. Les prix restent tunisiens : **couscous traditionnel à 6 €, huile d’olive artisanale à 12 € le litre**. La négociation se déroule dans le respect, loin de la pression commerciale des zones touristiques standardisées.
« Les visiteurs qui viennent ici cherchent l’authenticité », explique Farid, tisserand installé rue de la Kasbah depuis vingt ans. « Ils prennent le temps de comprendre notre travail, pas comme cette ville de 100 000 habitants où 1000 dromadaires traversent le souk dans la précipitation. »
Café sur les remparts au lever du soleil
Le moment magique se vit entre 7h et 8h, avant que la chaleur ne monte. Le **thé à la menthe coûte 2 €** dans les cafés perchés sur les fortifications. La vue embrasse simultanément l’architecture islamique et les eaux turquoise du golfe.
Cette lumière dorée sur les pierres ocre inspire ce village de 354 habitants qui garde l’unique église romano-byzantine de Dordogne la même contemplation architecturale dans un cadre patrimonial préservé.
Le contraste que personne n’ose montrer
À dix minutes à pied des transats militairement alignés, **1 200 ans d’histoire** attendent dans un silence presque gênant. La médina respire l’échelle humaine que les resorts ont oubliée. Pupput murmure Rome sous vos pieds pendant que les DJ pools chauffent leurs platines.
Deux Hammamet coexistent sans se croiser. Celle des charters et celle des pierres vivantes. Entre les piscines à débordement et les remparts hafsides, un choix s’impose. Comme cette capitale de 160 000 habitants qui garde 7 km de plages, Hammamet révèle ses trésors à ceux qui s’écartent des sentiers balisés.
Vos questions sur Hammamet répondues
Quelle est la meilleure période pour visiter la médina sans chaleur extrême ?
**Mai-juin et septembre-début octobre** offrent le compromis idéal. La mer atteint **22-26°C**, les températures plafonnent à **26-28°C** contre 33°C+ en plein été. La lumière reste optimale pour photographier l’architecture, l’affluence diminue de 60% par rapport à juillet-août.
Combien coûte réellement une journée patrimoine Hammamet ?
Kasbah **8 €**, Pupput **5 €**, repas médina **15 €**, total **28 € contre 45-90 € pour les excursions organisées** vers Tunis-Carthage. L’économie atteint 70% pour une expérience authentique sans intermédiaire commercial.
Hammamet vs Sousse : quelle destination pour le patrimoine accessible ?
Hammamet l’emporte sur la proximité de Tunis : **60 km contre 140 km**, **1h de route contre 2h**. La médina compacte se visite en 3h, Pupput ajoute 2h. Sousse offre plus de monuments mais demande une journée complète. **Hébergement similaire : 25-45 € la nuit** dans les deux villes.
Les derniers rayons du soleil incendient les pierres ocre de la kasbah. En contrebas, les piscines à débordement scintillent sous les néons. Entre ces deux mondes, un choix simple : rester dans l’Hammamet qu’on vous vend, ou marcher dix minutes vers celle qu’on vous cache.





