Réaction de Carole Delga au projet de Loi d’Orientation des Mobilités (LOM) présenté aujourd’hui en Conseil des ministres

« En l’état, le projet de LOM présenté ce jour en Conseil des ministres par Elisabeth Borne, ministre des transports, peut être amélioré pour mieux répondre aux défis de la mobilité de nos concitoyens, singulièrement dans notre région. C’est ce que j’ai indiqué ce week-end à Elisabeth Borne, lors d’un entretien téléphonique.

La mobilisation est forte, ici, en Occitanie, notamment depuis les États Généraux du Rail et de l’Intermodalité en 2016, pour développer les trains du quotidien et accueillir la grande vitesse, indispensables pour améliorer les transports de nos concitoyens, pour mieux relier et desservir notre territoire. Cette mobilisation va s’amplifier, notamment en vue du débat parlementaire qui aura lieu au printemps prochain.

Quelques propositions que l’Occitanie porte depuis plusieurs mois, trouvent tout de même leur place dans cette proposition de loi :

– Concernant le financement des LGV, il est indiqué dans la LOM que « les travaux seront poursuivis avec les collectivités locales afin de préciser les conditions dans lesquelles la mise en place de ressources dédiées permettrait d’anticiper les calendriers de réalisation des lignes Bordeaux-Toulouse et Montpellier-Béziers-Perpignan ». Je veux donc que nous continuions à travailler, avec les collectivités partenaires, pour qu’une société de financement voie le jour (sur le modèle obtenu par le Grand Paris Express), afin de faciliter l’avancée des études et travaux. Parce que je crois à 100% au bien-fondé de ces deux lignes, tant pour l’attractivité des territoires que pour les déplacements quotidiens. Seules ces deux LGV conditionnent l’amélioration des mobilités du quotidien, et permettront la création d’un RER sur le nord-toulousain et d’un RER littoral entre Lunel, Montpellier et Sète. Je continuerai à montrer qu’un calendrier plus resserré de réalisation de ces deux projets est indispensable, 2030 n’étant pas un horizon acceptable. Je reste mobilisée sur ce point pour reprendre le travail engagé avec l’État et les Métropoles concernées notamment lors d’une prochaine rencontre au ministère des finances.

– Concernant les autres lignes ferroviaires : je veux rappeler que selon une étude du Conseil général de l’environnement et du développement durable, l’offre de transports ferrés d’ici 2030 va augmenter de 71% en Occitanie (contre 34% dans le même temps en France). Il faut donc plus de volontarisme politique. C’est pourquoi la Région s’est engagée sur un « plan rail » de 4,5 milliards d’euros d’ici 10 ans avec notamment « plus et mieux » de TER et la réouverture de 6 lignes. Pour gagner en efficacité, j’ai demandé à la ministre des transports d’envisager une gestion régionalisée de certaines de ces lignes, plus proche des besoins. Cet appel semble avoir été entendu puisqu’en marge de cette loi, et au cas par cas, un transfert de propriété ou une maîtrise d’ouvrage régionale pourraient être une option à expérimenter. L’Occitanie y est prête, comme je l’ai à plusieurs reprises indiqué.

– L’autoroute Toulouse-Castres est bien inscrite dans le projet de loi avec une livraison prévue en 2023. Je regrette que d’autres projets d’infrastructures, telles les contournements ouest de Montpellier et Nîmes, soient renvoyés au Contrat de Plan Etat-Région (CPER). Pour rappel, en Occitanie, nous attendons que l’Etat tienne ses engagements dans le cadre de ce Contrat et débloque 550 millions d’euros toujours attendus pour démarrer les travaux.

Concrètement, sur le terrain, une dizaine d’opérations routières et ferroviaires sont en attente de déblocage : contournements de Baraqueville et d’Adé, déviation de Laudun-l’Ardoise, fin de la mise à 2×3 voies du périphérique toulousain, déviation de Gimont, déviation de Baillargues/Saint-Brès et le contournement ouest de Montpellier ainsi que celui de Nîmes, échangeur de Saint-Chély d’Apcher, mise à 2×2 voies Ille sur Tet/ Prades, tronçon ferroviaire Limoux-Quillan, Le Cévenol (travaux d’urgence sur la voie)…

– Enfin, j’ai proposé à Elisabeth Borne, en septembre dernier, la création, par la loi, d’une Agence des Mobilités en Occitanie, qui se verrait transférer, en accord et en partenariat avec les collectivités volontaires, les compétences mobilités et réseaux accompagnées d’une révision des modes de financements. L’idée est de simplifier la gouvernance pour, là aussi, gagner en efficacité pour nos concitoyens : amener des solutions concrètes à la saturation des villes.

En conclusion, je veux redire la volonté de la Région Occitanie de travailler et de mobiliser, d’ici le printemps 2019, les citoyens, les élus, les parlementaires, pour que cette loi permette de réelles avancées pour nos concitoyens et pour les territoires. »

Carole Delga, présidente de la Région Occitanie / Pyrénées-Méditerranée

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