Médicaments génériques : où en sommes-nous ? Une deuxième année de campagne axée sur la pédagogie liée aux risques

medicaments-generiques-ou-en-sommes-nous-une-deuxieme-annee-de-campagne-axee-sur-la-pedagogie-liee-aux-risques

A l’occasion du lancement de la nouvelle vague de campagne nationale d’information sur les médicaments génériques, les caisses d’assurance maladie de la région Occitanie font le point sur la situation locale. Initiée en 2016 en partenariat avec le Ministère des Solidarités et de la Santé, l’ANSM et l’Assurance Maladie, la campagne nationale d’information « Devenir générique ça se mérite » porte ses fruits au niveau national comme le démontrent les résultats de l’édition 2017 du Baromètre BVA : augmentation des connaissances du grand public, progression de la confiance des médecins, meilleure acceptation des médicaments génériques par les patients.

Si les efforts de pédagogie semblent faire évoluer les comportements, il reste toutefois des zones de blocage liées à des situations spécifiques d’usage. C’est pourquoi la campagne s‘attachera cette année à lever ces derniers freins, au plus près de l’expérience des patients.

Dans la région Occitanie, le taux de médicaments génériques délivrés, fin juillet, était de 88,5% du total des médicaments délivrés.

DES ÉVOLUTIONS ENCOURAGEANTES ENREGISTRÉES PAR LE BAROMÈTRE BVA DES CONNAISSANCES, PERCEPTIONS ET PRATIQUES AUTOUR DES MÉDICAMENTS GÉNÉRIQUES EN FRANCE

La confiance des médecins et l’acceptation du grand public vis-à-vis des médicaments génériques progressent.

Dans un contexte d’usage généralisé des médicaments génériques (73 % de la population déclarent les utiliser et 91 % s’en disent satisfaits), les indicateurs marquant la confiance et l’adhésion ont progressé en 20171:

o La confiance des médecins généralistes vis-à-vis des médicaments génériques a progressé significativement en 2017 atteignant un niveau de 7/10 (versus 6,6/10 en 20162). Ce faisant, elle dépasse le niveau de confiance du grand public qui reste stable (6,9/10). La confiance des pharmaciens, pour sa part, demeure inchangée, à un niveau de fait très élevé (8,6/10 cette année vs 8,7 en 2016).

o Les patients se montrent de plus en plus ouverts à l’utilisation des médicaments génériques. De manière générale, ils acceptent d’y avoir recours à 78 % lorsqu’ils sont malades et ils déclarent même à 58 % être prêts à prendre des médicaments génériques en cas de maladie chronique, vs 52 % en 2016 (+ 6 points). Une évolution aussi marquée chez les médecins généralistes : 75 % d’entre eux sont prêts à prescrire des médicaments génériques dans ce cas vs 68 % en 2016 (+ 7 points).

o Les utilisateurs n’expriment pas de préférence entre médicaments génériques et médicaments d’origine (51 % des personnes interrogées). Selon eux, les médicaments génériques suscitent plutôt moins de problèmes à l’usage que les médicaments d’origine, et ces problèmes sont du même ordre (principalement : efficacité, effets indésirables, goût du médicament)2.

o Le dialogue s’est intensifié entre professionnels de santé et patients : 3/4 des médecins déclarent échanger régulièrement avec leurs patients vs 2/3 des médecins en 2016 et 20 % des patients disent échanger régulièrement avec leur médecin (contre 17 % en 2016).

DES FREINS SUBSISTENT : COMMENT DÉSAMORCER LES DERNIÈRES SITUATIONS DE BLOCAGE ?
Les freins qui demeurent émanent souvent d’une expérience défavorable, ou interprétée comme telle, et sont d’autant plus difficiles à désamorcer. Ils ont potentiellement un effet délétère sur l’efficacité du traitement, étroitement liée à la confiance du patient. Il est de fait essentiel de lever les doutes qui peuvent subsister sur l’efficacité ou la tolérance des médicaments génériques chez certains patients. Le dialogue avec le professionnel de santé permet généralement de désamorcer leur appréhension et de répondre à leurs questions.

En pratique, comment anticiper et répondre aux situations qui peuvent amener certains patients à douter des médicaments génériques ?

Les professionnels de santé rappellent qu’efficacité et tolérance sont par définition identiques entre le médicament générique et le médicament d’origine, mais que l’effet thérapeutique de tout médicament est soumis à des fluctuations liées à la personne et au contexte de la prise. « La démonstration de la bioéquivalence signifie que le médicament générique se comporte exactement de la même manière que le médicament d’origine dans l’organisme humain. Ils ont donc la même efficacité et la même probabilité d’avoir ou non des effets indésirables », rappelle le Pr Stéphane Mouly, Département de médecine interne de l’Hôpital Lariboisière, à Paris.

« Le même médicament, pris par la même personne, peut avoir des effets plus ou moins importants selon les jours, l’état général, la quantité de sommeil, la consommation de certains aliments », souligne le Pr Mathieu Molimard, Chef du Département de pharmacologie à l’université de Bordeaux.

DEPUIS LE 22 SEPTEMBRE, LES MÉDICAMENTS GÉNÉRIQUES SONT REPARTIS EN CAMPAGNE
Si la première année de campagne s’est concentrée sur la pédagogie liée au statut des médicaments génériques en améliorant notamment l’accès à l’information sur leur qualité, leur sécurité et leur efficacité, l’axe de 2017 s’attache ainsi à désamorcer les situations de blocage les plus courantes en apportant les éléments de compréhension à ces expériences vécues ou redoutées par les patients avec les médicaments génériques (effets indésirables, moindre efficacité, etc.).

A partir du 22 septembre, de nouveaux outils de campagne relayeront cette approche pédagogique tournée vers les usages sur les sites www.ameli.fr et www.medicaments.gouv.fr :

· une plateforme de questions/réponses ouverte à tous pour dialoguer avec des professionnels de santé sur le sujet ;
· des quiz et des vidéos pédagogiques sur les situations qui questionnent les patients, également diffusées sur les réseaux sociaux ;
· un espace dédié aux professionnels de santé incluant des contenus et des outils destinés à les accompagner dans leur pratique sur www.ameli.fr ;
· ainsi que deux nouveaux mémos à l’usage des patients, remis en consultation ou en pharmacie.

Parallèlement, le dispositif média sera redéployé à l’échelle nationale et régionale, en télévision (à partir du 22 septembre) et en radio (à partir du 14 octobre).

Région Occitanie : des ambitions à la hauteur des enjeux locaux
· Le taux de médicaments génériques délivrés en Occitanie était, en juillet, de 88,5% du total des médicaments délivrés
· Le taux de médicaments non substituables prescrits par les médecins était de 8,1% à la même date

Département des Pyrénées-Orientales : une poursuite de la progression de la délivrance
· Le taux de médicaments génériques délivrés dans les Pyrénées-Orientales était, en juillet, de 87,6% du total des médicaments délivrés
· Le taux de médicaments non substituables prescrits par les médecins était de 9,3% à la même date

Efficaces, sûrs et économiques, les médicaments génériques représentent un levier de progrès majeur pour notre système de santé. En moyenne 30 % moins chers que les médicaments d’origine pour un service médical équivalent, ils permettent d’économiser 1,3 milliard d’euros en moyenne par an. Promouvoir l’usage des médicaments génériques, c’est permettre de financer la recherche et le développement de traitements innovants et de contribuer à garantir un accès aux soins pour tous. 75%1 des Français se déclarent d’ailleurs prêts à « avoir davantage de médicaments génériques sur l’ordonnance que leur remet leur médecin ».

1 « Baromètre des connaissances, perceptions et pratiques des Français et des professionnels de santé (médecins généralistes et pharmaciens d’officine) à propos des médicaments génériques » – Institut BVA pour la Cnamts. Enquête réalisée par téléphone en mars 2017

• Pour le grand public auprès de 1003 personnes représentatives de la population française
• Auprès de 300 médecins généralistes
• Auprès de 300 pharmaciens d’officine 2 Baromètre BVA 2017 : 87 % des personnes utilisant plutôt des médicaments génériques disent ne pas avoir rencontré de problèmes particuliers, contre 83 % des personnes utilisant plutôt des médicaments d’origine.

Laisser un commentaire