Élections sénatoriales : les républicains raflent la mise dans les Pyrénées-Orientales

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François Calvet élu au 1er tour, Jean Sol en suivant. La présidente du Département et sénatrice sortante, Hermeline Malherbe (PS), balayée par un illustre inconnu !

Dimanche 24 septembre le département des Pyrénées-Orientales était concerné par les élections sénatoriales. Les deux sièges de sénateurs étaient renouvelables : celui de François Calvet (LR), maire de Le Soler, 1er vice-président de la communauté urbaine Perpignan Méditerranée Métropole (PMM), et celui de Hermeline Malherbe (PS), présidente du Conseil Départemental des P-O ; tous les deux candidats à leur propre succession pour un second mandat.

En 2011, lors des précédentes élections sénatoriales, François Calvet avait été élu sénateur au second tour, sous l’étiquette UMP, avec 463 voix, suivi de Jean-Paul Alduy (UMP), 324 voix, et de Philippe Galano (PCF), 260 voix.

Le socialiste Christian Bourquin, qui se présentait en tant que Divers-Gauche, alors président du Conseil Régional du Languedoc-Roussillon, était passé lui au 1er tour de scrutin avec 580 voix, soit 53,90% des suffrages exprimés. Décédé le 26 août 2014, à l’âge de 59 ans, c’est logiquement que sa suppléante l’a remplacé, une certaine Hermeline Malherbe, déjà présidente du Conseil Général’66.

Ce 24 décembre 2017, ils ne sont pas moins de 14 candidats à briguer un fauteuil de sénateur dans les P-O. Un record pour ce genre d’élection. Dont quatre issus de la Majorité du Conseil Municipal de droite présidé par Jean-Marc Pujol (LR) : Joëlle Anglade, Annabelle Brunet, Maïté Sanchez-Schmid et Dominique Schemla. Là aussi, du jamais vu !

Ces « très chers » grands électeurs !

Ce scrutin a plusieurs originalités, la plus lisible étant que les deux tours se déroulent le même jour. Le 1er tour en fin de matinée, le second en milieu d’après-midi. Un seul bureau de vote accueille les 1 200 grands électeurs. Avant, celui-ci était installé au Palais de Justice de Perpignan ; cette fois-ci il avait été implanté dans un bâtiment de la municipalité, le Palais des Congrès Georges-Pompidou.

Parmi les grands électeurs, on trouve de tout : prioritairement certes les élus – les maires, des adjoints, les conseillers régionaux, les conseillers départementaux, les parlementaires, des conseillers communautaires… – mais également, pour la Ville de Perpignan, grâce à l’importance de son poids démographique : des conjoints d’élus, des enfants d’élus, des familles entières d’élus, des chauffeurs d’élus, des maîtres (et des maîtresses) d’élus, des amis d’élus, des afficheurs d’élus, des « coachs » d’élus, des banquiers d’élus, tout plein « d’obligés »…

Avec 599 voix dès le 1er tour de scrutin, non seulement François Calvet fait mieux qu’au second tour de 2011, lorsqu’il n’avait obtenu « que » 463 voix, mais en plus il pulvérise le score de Christian Bourquin qui était de 580 voix.

A cela, plusieurs raisons : d’abord, lors des municipales de 2014, dans les P-O, nombre de municipalités sont passées de Gauche à Droite, assurant aux candidats estampillés LR (pour Les Républicains), un matelas électoral plus confortable. Souvenons-nous que plus de 90% des électeurs sont issus des conseils municipaux… Par exemple, cette fois-ci, les grands électeurs de la Ville de Perpignan sortis du quota exclusif des élus étaient composés uniquement de conseillers municipaux de Droite et, pour l’Opposition municipale, de « frontistes », puisque lors des élections locales de 2014 la Gauche a été éliminée au 1er tour. Ensuite, L’union sacrée autour du tandem Calvet-Sol, et plus particulièrement derrière le maire du Soler, a été une réalité, même si au sein de la Majorité du Conseil municipal de Perpignan on a assisté à pléthore de candidatures, comme nous l’avons vu plus haut, qui s’est soldée par une dispersion et un éparpillement des voix centristes. Enfin, et entre autres, les candidats LR ont bénéficié de la campagne totalement ratée et presque hors sujet de la sénatrice de Gauche sortante… et sortie !

Jean-Louis Chambon… l’arbre qui cache la forêt

Depuis cette incroyable déroute, nourrie par l’accumulation d’erreurs sur le terrain our mieux cacher leurs faiblesses, les socialistes tentent à qui veut bien l’entendre que d’attribuer la défaite d’Hermeline Malherbe au maintien au second tour de Jean-Louis Chambon, maire de Canohès et conseiller départemental, lequel avait d’ailleurs été exclu du parti socialiste cinq semaines avant ces élections sénatoriales. Or, il n’en est rien. Si les dirigeants de la fédération catalane du PS le croient encore, alors ils ne sont pas près de s’en relever.

Au second tour, Jean-Louis Chambon reçoit sur son nom 77 voix. La candidate socialiste perd de 69 voix. Mais entre les deux tours, Jean-Louis Chambon passe de 116 voix à 77 : soit une perte sèche de 39 voix. On peut donc aisément imaginer que les 77 grands électeurs qui ont apporté leurs suffrages à Jean-Louis Chambon jusqu’au bout n’auraient pas voté pour Hermeline Malherbe lors d’un duel au second tour entre elle et Jean Sol. En tout cas pas à 100%. C’est là la vérité des chiffres.

Présidente du Conseil Départemental, avec toute la manne financière en faveur des communes, donc des grands électeurs, Hermeline Malherbe avait toutes les cartes en mains pour gagner : le Département à Gauche, ainsi que la Région… Bref, deux carnets de chèques pour séduire les maires et entraîner avec eux leurs grands électeurs.

Avec tout ça, son élection aurait dû n’être qu’une simple formalité, à condition de bien faire son job. Et là, les faiblesses, les erreurs arrivent : l’exclusion de Jean-Louis Chambon du PS (Quelle faute!) ; aucune tentative de négociation entre les deux tours dans un bureau avec celui auquel aujourd’hui la Gauche roussillonnaise tente de faire porter le chapeau, Jean-Louis Chambon ; Hermeline Malherbe va démontrer qu’elle n’est pas un chef (même dans sa propre majorité certains n’ont pas voté pour elle au deuxième tour) ; ses conseillers auto- déclarés n’ont aucune vision du département à moyen et long terme (ils gèrent le quotidien en fonction de la tramontane et des coups d’Est)… Dans son proche entourage, on a laissé planer un doute douteux sur la succession à la présidence du Conseil Départemental, une fois Hermeline Malherbe réélue : Robert Garrabé, Ségolène Neuville, René Olive… Le casting a fait des ravages, mais dans le sens inverse des rumeurs distillées ça et là pour enfumer les grands électeurs… Ceux-ci voulaient être rassurés, ils vont être servis : déroutés !

L’absence dans la campagne de ces sénatoriales de la présidente de la Région Occitanie/ Pyrénées-Méditerranée, Carole Delga, pourtant socialiste comme Hermeline Malherbe, va également peser. Il se murmure que la première déteste la seconde depuis que cette dernière mène son combat de pacotille pour raccrocher le wagon « Pays Catalan » au nom de la Région Occitanie en lieu et place de « Pyrénées-Méditerranée ». Désormais, Hermeline Malherbe pourra entièrement s’y consacrer… en lieu et place de « Pyrénées-Orientales » du nom de la collectivité territoriale qu’elle préside (encore). Elle aura tous les loisirs pour cela, « surtout si elle continue de faire confiance aux branquignoles qui supervise son agenda », ne décolère pas un conseiller départemental.

A l’évidence, en amont comme en aval, dans ces élections, du côté de certains élus socialistes des P-O, souvent trop préoccupés à s’auto attribuer des postes, il n’y aura eu aucune anticipation, aucune préparation.

Et pourtant, en face, Jean Sol, n’était pas un candidat des plus coriaces. Pratiquement inconnu du grand public et des trois-quarts des grands électeurs. Ce qui ne remet nullement en cause la gentillesse, le sérieux et les compétences qui caractérisent Jean Sol. De lui, d’ailleurs, un élu socialiste nous confiait sur le ton de la confidence : « Avec lui comme sénateur, nous sommes certains qu’il portera les dossiers du territoire, qu’il les emmènera dans les ministères, qu’il les suivra. Lui, à l’inverse d’autres, il ne les oubliera pas dans un tiroir ou sur la banquette arrière d’un taxi ! ».

Contrairement à ce qu’ils peuvent croire (les socialistes) : ils n’ont pas encore touché le fond, d’autant que la Droite a compris beaucoup de choses depuis dimanche. Et notamment que l’union fait la force.

Les résultats
Au 1er tour…
François CALVET (LR/ Les Républicains), a été réélu sénateur des P-O, dès le 1er tour de scrutin, avec 599 voix.
368 voix : Hermeline MALHERBE (PS), sénatrice sortante, présidente du Conseil Départemental,
262 voix : Jean SOL (LR), conseiller départemental et conseiller municipal de Bompas,
121 voix : Joëlle ANGLADE (LREM), conseillère départementale, adjointe au maire de Perpignan,
116 voix : Jean-Louis CHAMBON (Divers-Gauche), maire de Canohès et conseiller départemental,
114 voix Jean-Luc PUJOL (sans étiquette, catalaniste), maire de Fourques,
112 voix Yves PORTEIX (LREM) : maire de Sorède,
87 voix Dominique SCHEMLA (Divers droite) : adjoint au maire de Perpignan, vice-président de la communauté urbaine Perpignan Méditerranée Métropole (PMM),
71 voix Patrick CASES (PCF),
73 voix Edith PUGNET (PCF) : conseillère départementale,
68 voix Marie-Thérèse SANCHEZ-SCHMID (Divers Droite) : élue communautaire et de la Ville de Perpignan,
61 voix Antoine FIGUE (PS),
56 voix Robert OLIVE (FN),
8 voix Sébastien SAGUER (MRC).

Au 2ème tour…
Inscrits : 1 205
Votants : 1 186
Exprimés : 1 106
Abstentions : 1,58%
Jean SOL (LR) : 549 voix (49,64%), élu
Hermeline MALHERBE (PS) : 480 voix (43,40%)
Jean-Louis CHAMBON (DvG) : 77 voix (6,96%).

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