Dominique Bona au CML : Colette et ses insoumises

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Dominique Bona, de l’Académie française, est l’invitée du CML samedi 24 juin au Musée Rigaud à partir de 16h30 pour la présentation de sa biographie Colette et les siennes (Grasset).

Dominique Bona, prix Interallié (1992) et prix Renaudot (1998), a écrit plusieurs romans et des biographies, parmi lesquelles Berthe Morisot, Camille et Paul, Clara Malraux et Gala, prix Méditerranée des lycéens (1995). Né à Perpignan, elle a été élue à l’Académie française en 2013. Dans Colette et les siennes, elle restitue une femme, une écrivaine, une époque. Elle a découvert Colette par la série des Claudine, à l’adolescence, sans être envoûtée car y planait l’ombre du premier mari, Henry Gauthier-Villars. Dominique Bona a été saisie par la grâce inouïe de l’écrivaine plus tard avec, notamment, La Naissance du jour et Les Vrilles de la vigne. Dominique Bona a composé, avec Colette et les siennes, une histoire à quatre voix. Elle raconte Colette, et ses trois amies les plus proches, de 1914 à 1954. Vagabonde et insoumise, Colette a vécu sa vie en femme libre : elle a choqué toute sa vie et marqué la littérature française et pas seulement.

Un fort goût de liberté
Les hommes sont à la guerre. Les femmes se serrent les coudes, attentives à la moindre nouvelle du front. Nous sommes durant l’été 1914. La romancière et journaliste Colette accueille de 1914 à 1916, dans son chalet parisien de la rue Cortambert, à Passy, ses trois meilleures amies. La comédienne Marguerite Moreno (1871-1948), la journaliste Annie de Pène (1871-1918), la danseuse de cabaret Musidora (1889-1957) dite Musi. Ce qui les lie : un fort goût pour la liberté et un non-conformisme absolu. Elles font ce qu’elles veulent ; elles s’habillent comme elles veulent ; elles font l’amour avec qui elles veulent. Cheveux courts, bisexualité non dissimulée, passé sulfureux, liaisons avec des hommes plus jeunes, cigarette à la bouche, absence de corset. Elles choquent dans une époque bourgeoise. Elles sont libres. Elles en savourent l’ivresse et elles en paient le prix. Dominique Bona montre combien leur liberté est naturelle et non militante. Les quatre femmes ne la portent pas en étendard. La liberté coule dans leurs veines de manière simple. Elles choisissent leurs liens en étant à la fois des mères détachées et des amantes passionnées. Les hommes sont au centre de leurs existences. Colette déteste être seule et rêve d’être dominée par un homme. Sa vie entière, elle chercha à être aimée et protégée par ses maris.

L’amour de la vie
Dominique Bona souligne l’amour de la vie de ses quatre héroïnes. Elles n’éprouvent pas de culpabilité et sont de plain-pied avec la vie. Les quatre amies sont ce qu’on appelle de bonnes vivantes. Elles affrontent les chagrins sans se laisser abattre.

L’Académicienne nous les dépeint à la fois de près et de loin. Les épreuves ne manquent pas. Elles doivent travailler durement pour subvenir à leurs besoins, elles sont trompées et abandonnées par les hommes de leur vie, elles endurent la souffrance physique et les deuils douloureux, elles connaissent les humiliations dans leur parcours professionnel, elles voient leurs rêves soufflés par le passage des années. Raconter mais sans fiction.

Dominique Bona, l’auteure de Clara Malraux – Nous avons été deux (Grasset, 2009) a écrit, à l’image de ses héroïnes, une biographie non conventionnelle. Tout est vérifié mais tout est porté par la narration. Portraits vivants, mise en scène, sens des destinées, refus de l’exhaustivité. L’écrivaine des destins de Romain Gary et de Berthe Morisot refuse le mélange du vrai et du faux quand elle s’attache à son travail de biographe. Piur notre plus grand bonheur.

Entrée libre.
Colette et les siennes, Dominique Bona, Grasset, 430 p.

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