Des gilets jaunes invités au conseil municipal de Cabestany

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Lors d’un café citoyen organisé par les gilets jaunes des Pyrénées-Orientales, des Conseillers Municipaux de CABESTANY et le Conseiller Départemental de PERPIGNAN III Rémi LACAPERE ont souhaité donner la parole aux gilets jaunes en début du conseil municipal de Cabestany.

Jeudi 13 décembre, après avoir entendu le discours de Mr Le Maire Jean VILA, un gilet jaune a clairement explicité son engagement dans ce mouvement historique et donné la raison de son engagement.
Médecin de par sa profession, il est au contact et en première ligne de la déliquescence de ses patients, ne pouvant pas se payer par exemple un désinfectant pour une plaie. Il a ensuite énoncé quelques revendications générales urgentes susceptibles d’atténuer la souffrance de certains de nos concitoyens.
Il a aussi souligné aussi l’importance d’une sortie de crise institutionnelle, constitutionnelle et politique par la création du Référendum d’Initiative Citoyenne.
Nous vous annonçons la tenue d’une réunion sur la création du Référendum Initiative Citoyenne dimanche 16 décembre à 15h00 salle GERMANOR à CABESTANY, route de Saleilles complexe sportif.

Discours de JEAN VILA MAIRE DE CABESTANY, en préambule du Conseil Municipal le 13 décembre 2018 :
« L’actualité sociale est, sans conteste, la lutte des gilets jaunes.
Le soutien massif, depuis le début, des françaises et des français est exceptionnel.
C’est vrai qu’ils portent seuls l’essentiel des revendications de la France qui travaille, ou celle qui a travaillé, ou encore celle qui voudrait travailler.
Je pourrais même ajouter ceux qu’un ancien Premier Ministre (pour ne pas le citer Jean-Pierre RAFFARIN), qualifiait de la France d’en bas.
Quelques avancées, grâce à leurs actions, ont été obtenues, mais le compte n’y est pas. Et malgré la mise en scène théâtrale du Président, oubliés les retraités, le SMIC (fausse mesure), les chômeurs, la Fonction publique, les jeunes, les handicapés, etc…
Aujourd’hui, l’on ne peut plus avoir bonne conscience en les soutenant par procuration. Il est temps d’agir, chacun selon sa conscience, pour participer à ce combat pour l’égalité, pour plus de justice sociale.
L’argent existe :
les actionnaires du CAC 40 viennent de se distribuer 50 milliards,
la suppression de 13 milliards d’euros de dotations destinées aux collectivités territoriales est inacceptable. Elle intervient alors que 40 milliards sont offerts sans contrepartie au monde économique au titre du CICE, et que 1,5 milliards d’euros sont restitués aux 5 000 contribuables les plus riches du pays… Ces faits illustrent les choix présidentiels.
les fraudes fiscales (le patron de Renault n’est pas le seul),
Bolloré (concession de gestion de port à l’étranger),
l’évasion fiscale dans les paradis fiscaux.
La France n’a jamais eu autant d’argent et les richesses n’ont jamais été aussi mal distribuées.
Il ne manque qu’une volonté politique, celle que notre Président n’a pas.
L’homme de Rothschild et ami du monde de la finance a fait son choix, les enrichir encore au détriment du monde du travail. C’est le Robin des Bois des riches, il prend l’argent aux pauvres pour le donner aux riches.
Cela ne peut plus durer, c’est ce que la lutte des gilets jaunes nous enseigne.
Cette lutte s’inscrit bien dans la tradition française des grandes conquêtes sociales de notre pays :
la Révolution de 1789,
le Front populaire en 1936
la Libération
Mai 68
les grandes luttes de 1995 (Juppé-Chirac).
Il est certain que la lutte exemplaire des gilets jaunes marquera à jamais les luttes sociales en France.
Elle mérite d’être gravée dans le marbre, en lettre d’or, à côté de toutes les autres luttes de notre pays.
Certains ne retiendront que les violences dans certains regroupements de Paris ou de Province.
Même s’il faut condamner de tels actes, les vrais coupables de ces violences ne sont pas toujours ceux que l’on désigne d’une manière trop facile.
L’histoire récente nous a démontré que ces violences qui portent atteinte au mouvement sont parfois aidées, avec la complicité de certains groupes proches de partis d’extrême droite, et comme en 1968, avec la complicité du pouvoir en place.
Mais la pire des violences, celle que l’on ne voit pas, c’est la violence avec laquelle ce gouvernement traite des millions de personnes, celle du libéralisme de ces quarante dernières années.
Le chômage, la précarité qui entraînent la destruction de familles, d’hommes, de femmes, d’enfants.
Oui la pire des violences c’est de ne pas pouvoir se nourrir, se loger, se soigner s’habiller, avoir des loisirs.
Et il est vrai aussi que cette violence peut entraîner d’autres violences.
Les gilets jaunes, parmi lesquels beaucoup de retraités et de femmes se sont mobilisés, sont pacifiques et nous donnent une grande leçon de courage et de citoyenneté.
Il me semble que le moment est arrivé non seulement de les soutenir, mais de trouver avec eux les moyens de renforcer ce mouvement unique et exemplaire.
»

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