Dans le Congo Brazaville d’Alain Mabanckou

dans-le-congo-brazaville-dalain-mabanckou

Alain Mabanckou, joyau de la littérature africaine, est l’invité du CML, vendredi 7 décembre à partir de 18h, dans les salons de l’hôtel Pams.

Depuis vingt ans qu’il publie des romans, Alain Mabanckou poursuit la même entreprise : peindre la société africaine, en particulier celle du Congo, où il est né, à Pointe-Noire, en 1966. Ainsi a-t-il brossé le portrait des Noirs en France dans Bleu-Blanc-Rouge ou Black Bazar ; raconté, à la manière des fabulistes et des conteurs, les mythologies africaines dans Mémoires de porc-épic, ou le folklore des bars africains dans Verre cassé. Depuis 2010, avec Demain j’aurai 20 ans, Lumières de Pointe-Noire et Petit Piment, il utilise la longue focale de la mémoire pour évoquer son pays à travers le récit intime, celui d’une famille, inspirée de la sienne et vue à travers les yeux de l’enfant qu’il fut.

Congo Brazzaville, mars 1977, le camarade président Marien Ngouabi est assassiné. Dans Les cigognes sont immortelles, Alain Mabanckou plonge dans une histoire à la fois politique et intime de cet évènement. Et ce nouveau roman au titre énigmatique et soviétique pourrait bien être le plus audacieux d’Alain Mabanckou. Vingt ans après un premier roman qui lui avait valu le Grand Prix de l’Afrique noire, Alain Mabanckou continue le projet qu’il n’a cessé d’affiner dans la dizaine de romans publiés depuis, à savoir, la représentation de personnages plongés dans des quotidiens et des communautés ancrés dans l’histoire locale, nationale et internationale du Congo Brazzaville. Le tout dernier, Les cigognes sont immortelles, ne fait pas exception, et réaffirme l’efficacité de la plume mabanckienne et le talent de l’homme aux lunettes blanches à faire ressortir, sous l’apparente insignifiance de leur condition, la complexité historique des hommes et des lieux qui l’inspirent. Il s’agit toujours de donner du relief aux expériences vécues et aux identités singulières, comme pour revendiquer à chaque nouvelle livraison le droit des êtres à leur excentricité postcoloniale.

Avec “Les Cigognes sont immortelles”, l’écrivain congolais qui a consacré son talent à dépeindre la société africaine est au sommet de son art. Et, plus engagé que jamais face à l’urgence de décrire un continent à la dérive, marque un tournant dans son œuvre.

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.