Banyuls-sur-Mer : le maire Jean-Michel Solé ancre sa commune dans la modernité

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Le front de mer

Sur la Côte Vermeille, dans sa commune de Banyuls-sur-Mer (4 860 habitants au 31 décembre 2017) dont il est le maire, c’est presque une révolution de palais qu’est en train d’organiser Jean-Michel Solé ! Il a décidé d’investir massivement dans le village et pour cela il est passé à l’offensive. Peu importe le Qu’en dira-t-on, c’est sur le ton de Qui m’aime me suive qu’il se lance en se fixant comme ligne de conduite pour garder le cap : aucune augmentation d’impôt, aucun recours à l’emprunt, « mais des investissements malins grâce aux subventions » et à des partenariats pour le moins originaux. Le défi, son défi, est là : continuer d’investir sans augmenter la fiscalité.

Le budget 2018 de la commune a été voté lors du dernier conseil municipal en date, le 12 avril, et selon lui « il marque la concrétisation des projets portés par la municipalité ». Le montant total du budget s’élève à 13 012 200€. La part de l’investissement s’élève et s’équilibre à 5 364 200€.

« AVEC JEAN REDE, NOUS AVIONS FAIT ENSEMBLE UN PREMIER MANDAT MAGNIFIQUE »

Les Banyulencs n’ont pas fini d’être étonnés, surpris, car inlassablement, infatigablement, leur maire entend bien poursuivre son œuvre, avec détermination, conviction… et passion. Celui qui fit ses premiers pas, en politique locale, en devenant un discret compagnon de route municipale et le 1er adjoint dans l’ombre d’un personnage imposant, un certain Jean Rède, est bien décidé aujourd’hui à s’affranchir de ce passé là sans le renier : « Quand je suis arrivé, on m’a catalogué comme le fils spirituel de Jean Rède. J’ai une certaine affection pour l’homme. Il restera comme une personnalité, attachante, qui a marqué Banyuls-sur-Mer, cela est incontestable. Mais je ne me revendique pas de lui, même si je reconnais que le premier mandat que nous avons fait ensemble était magnifique. Le deuxième, moins. Puis nous avons été battus ».

Leur histoire s’arrête là. Son heure est venue, à lui, d’entrer dans la lumière, sous les phares de l’actualité locale. En 2014, lorsque Jean-Michel Solé est élu maire de Banyuls-sur-Mer, sur la seule force de son programme, porté par une équipe cohérente, rajeunie et ambitieuse « pour l’intérêt général de Banyuls », s’empresse-t-il de légender, il a aussitôt planté le décor : une stratégie de développement de territoire, pour un tourisme durable, innovant, solidaire et intégré. C’est son « Plan Littoral 21 », dont les fondations et les repères reposent sur une croissance bleue à l’horizon 2020, c’est-à-dire à la fin de son premier mandat municipal, car il admet sans fanfaronner qu’il lui en faudra bien un second pour mettre tous ses projets bout à bout et les réaliser entièrement. Pour cela, il compte sur la confiance de ses administrés. Pour cela, il promet de ne pas hésiter à faire du porte-à-porte pour expliquer aux habitants ce qu’il en est, pour les convaincre s’il le faut : « le dialogue permet toujours d’effacer les incompréhensions, si l’écoute est dans les deux sens », plaide-t-il.

Aménagement du front-de-mer, mise aux normes et extension du port, réfection du toit de l’espace Bartissol, travaux sur la route des mas, centre régional de sommellerie, reconstruction du centre hélio-marin, déménagement des EHPAD « Vincent-Azéma » et « Paul Reig » pour les regrouper dans un même site, accessible et conforme à la réglementation, etc.-etc., aucune autre commune du littoral roussillonnais n’affiche une telle feuille de route. Il n’en est pas peu fier. Cet homme de droite, hôtelier de profession, vigneron par passion (il a présidé le GICB/ Groupement Interprofessionnel du Cru Banyuls de 2004 à 2012), est capable de rendre un bel hommage dans la même phrase à Pierre Aylagas, l’ex-député maire socialiste d’Argelès-sur-Mer aujourd’hui aux commandes de la communauté de communes Albères-Côte Vermeille-Illibéris, ou à Alain Ferrand, le très remuant maire Les Républicains (LR) du Barcarès : « J’apprécie les gens qui bougent, qui vont jusqu’au bout de leurs idées, et ces deux élus, sur leur territoire, assument leur choix, leurs méthodes de travail. Ils sont capables de pousser loin le compromis tout en ne changeant pas de cap. Ils ont une vision territoriale ».

« J’AI HÉRITE D’UN PORT DANGEREUX… ET D’UN PROJET INTENABLE FINANCIÈREMENT »

Parmi les premiers dossiers sur lesquels il a fallu qu’il intervienne rapidement lorsqu’il a pris l’habit de maire, Jean-Michel Solé cite sans détours celui du port : « J’ai hérité en arrivant d’un port dangereux avec un projet intenable financièrement et qui surtout ne correspondait pas à la ville, mais je pourrais évoquer pêle-mêle la délocalisation du centre hélio-marin déjà vidé de son contenu lorsque j’ai accédé aux commandes de Banyuls-sur-Mer et d’autres sujets (…) ».

Pour ce qui est de la reconstruction du centre hélio-marin, le projet vise à regrouper sur le site, dans des locaux neufs adaptés aux besoins des usagers : le Mas Sol i Mar (59 places), soit quatre unités de quatorze lits (+ 1 lit d’accueil d’urgence) ; un EHPAD de 144 places regroupant des structures existantes mais obsolètes (l’EHPAD/ Etablissement d’Hébergement pour Personnes Âgées Dépendantes – « Vincent Azéma » de 59 places et l’EHPAD public « Paul Reig » de 85 places) : « l’association de ces trois structures aujourd’hui vétustes permet d’améliorer la prise en charge des usagers », confirme Jean-Michel Solé. « Un Groupement de Coopération sociale et médico-social (GCSMS) sera créé entre les trois partenaires pour assurer une meilleure coordination de ces structures sur un même site ».

Ce projet de déconstruction et reconstruction verra les bâtiments actuels progressivement démolis, les deux services du SSR actuellement sur site déménageront au centre hospitalier de Perpignan en 2019, les lieux seront complètement reconvertis. L’enjeu, c’est de sauver la maison de retraite « Paul Reig » et de pérenniser les 220 emplois concernés sur la commune : « Ce qui est maintenant garanti », affirme Monsieur le maire.

Mais l’actualité du moment, c’est bien sûr l’aménagement du front-de-mer, dont il n’est d’ailleurs pas peu fier. Déjà pour ce qui est du financement de ces grands travaux, dont l’enveloppe de la 1ère tranche (réalisée en 2017) s’élève à 2 612 439,38€, il décortique un autofinancement de 46,73% du montant global (soit 29,73% en excédent de fonctionnement et 17% grâce à un emprunt de 444 114,69€), auquel viennent s’ajouter donc le financement complémentaire (53,27%) issu de subventions (36,87%) et de dotations (16,40% – récupération TVA). Pour ce qui est des subventions obtenues sur ce dossier, à savoir un total de 963 224,05€ (36,87% de l’enveloppe), toutes les institutions sollicitées ont répondu présentes : l’Europe, l’État, la Région et le Département.

« Bien que n’étant pas inscrit dans notre programme initial, la revitalisation du front-de-mer s’est imposée comme une évidence », souligne Jean-Michel Solé. « Il fait partie de notre stratégie de reconquête du centre urbain. Cœur de ville, lieu de rencontre intergénérationnel, de déambulations pour tous, lieu d’animation, de fête, il joue un rôle prépondérant pour notre vivre ensemble, véritable colonne vertébrale de Banyuls. Il assure la liaison port/ centre-ville, centre-ville/ quartier du Cap d’Osna, commerces. Il s’intègre dans le cheminement piéton naturel su sentier littoral qui va des Elmes jusqu’au Laboratoire Arago. Son concept s’inscrit dans l’architecture historique de notre cher Banyuls, retrouvant cette grande esplanade, rambla ouverte sur la mer, nous ramenant à nos origines de marins-pêcheurs-vignerons (…) », n’hésite pas à écrire le Premier magistrat dans son dernier bulletin municipal daté d’avril 2018.

« QUAND LES TOURISTES VIENNENT CHEZ NOUS, ILS VEULENT D’ABORD VOIR LA MER ET PAS DES HAIES D’ARBUSTES »

Ce réaménagement du front-de-mer est inscrit au cœur du dossier Odyssea « Stratégie de développement du territoire pour un tourisme durable, innovant, solidaire et intégré – Plan Littoral 21, croissance bleue/ Horizon 2020. »

Pour ce qui est de la 2ème tranche, Jean-Michel Solé se fait fort de réunir des subventions pour un montant de 53% ! Il a déjà obtenu 100 000€ de subventions pour l’éclairage public : « En dehors de l’aspect esthétique, touristique et visuel du projet, confie-t-il, l’opération est une réussite, un bon plan financièrement parlant, elle permet surtout de dessiner une jonction parfaite entre la ville et son port. La réalisation de ces travaux va enfin rouvrir la ville sur la mer ! C’est primordial. Le résultat : une vue imprenable, panoramique sur la mer. Il y a trop d’endroits sur notre littoral où l’on passe sans voir la Méditerranée alors qu’on longe la côte. C’est absurde. Quand les touristes viennent chez nous, ils veulent voir la mer et pas des haies d’arbustes de deux mètres. Il faut que les gens, en voiture ou à pied, et quand ils sont assis, voient la mer. De partout ! ». De plus, de nouvelles statues signées Maillol devraient venir agrémenter la promenade… Le maire nous l’a assuré.

Les travaux du front-de-mer devraient être achevés avant la haute saison estivale. C’est la présidente de la Région Occitanie/ Pyrénées-Méditerranée, Carole Delga en personne, qui devrait venir inaugurer le nouveau front-de-mer de Banyuls.

Pour ce qui est du port proprement dit, trois objectifs guident l’action municipale : ne pas défigurer la baie, permettre l’écoulement de la rivière, faire un port à la taille de Banyuls. Coût de l’opération : 9,2 millions d’€ hors taxes ; elle comprend la mise en sécurité et aux normes du site, sa totale réhabilitation qui permettra de créer une quarantaine d’anneaux supplémentaires pour passer de 340 places actuellement à une capacité d’accueil d’environ 380 : « Au-delà de cette ambition nous allons redonner au port sa fonction économique, ce qui à terme devrait permettre d’installer in situ une trentaine de salariés. Le programme Odyssea, mais aussi Didier Codorniu, vice-président de la Région et maire de Gruissan dans l’Aude, sans oublier Serge Pallares, le président de la fédération française des ports de plaisance originaire de Saint-Cyprien, nous ont beaucoup aidé dans ce projet. Sans eux, c’eut été impossible d’aller aussi loin dans ce projet. Grâce à eux, Banyuls fait partie des trois grands projets en Pays catalan, avec Le Barcarès et Torreilles ».

A suivre.

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L’hôtel de ville
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Jean-Michel Solé, maire de Banyuls-sur-Mer
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Jean-Michel Solé, maire de Banyuls-sur-Mer, détaille la finalité des travaux à des Banyulencs

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